L’industrie ne fournit pas un effort suffisant pour sensibiliser la population aux enjeux de la retraite. En effet, le Baromètre de la retraite AXA révèle encore cette année que les Canadiens actifs ont peu d’inquiétudes quant aux moyens financiers dont ils disposeront à la retraite alors que la réalité est tout autre.Le Canada se situe parmi les pays où l’on anticipe le moins une détérioration du niveau de vie à la retraite. Or, 66 % des Canadiens actifs croient que leur revenu de retraite sera moins élevé que leur dernier salaire.

Ces révélations du sondage annuel Baromètre de la retraite AXA, vague 2007- 2008, ne surprennent pas Robert Landry, vice-président exécutif, assurance de personnes et services financiers chez AXA Assurances. Il y ajoute ses propres constatations dans le marché de l’assurance santé.

« Les gens vivent plus vieux et passeront plus de temps à la retraite. Le risque de maladies s’accroit d’autant. Pourtant, le marché de l’assurance maladies graves demeure sous exploité et la population comprend mal le produit », déplore-t-il.

L’industrie doit se réveiller car les occasions d’affaires sont là, martèle M. Landry. Les Canadiens prennent leur retraite entre 60 et 62 ans. En fait, le Canada est de loin le pays où l’on compte le plus de départs volontaires à la retraite avant l’âge légal de 65 ans, révèle le sondage d’AXA effectué auprès de 26 pays industrialisés. Il démontre de plus que les retraités canadiens sont sportifs et portés vers les loisirs.

Occasions extraordinaires

« Peu de produits s’adressent directement à ces retraités autonomes et proactifs. Peu de concurrents les offrent. C’est un marché avec des occasions extraordinaires pour les 10 à 15 prochaines années », a-t-il confié lors d’une entrevue accordée au Journal de l’assurance.

Outre les produits d’assurance santé, M. Landry croit que les Canadiens préretraités et retraités ont un besoin urgent de produits d’épargne et de décaissement adaptés à leurs besoins. À preuve le succès des produits à garantie de retrait minimum.

Le Baromètre AXA révèle d’ailleurs que pour 62 % des Canadiens actifs, le produit financier idéal pour la retraite garantit un rendement minimum sans aucun risque financier. Chez les retraités, cette proportion augmente à 71%.

Autre bonne nouvelle pour les conseillers : 47 % des Canadiens actifs ont pris la décision d’épargner pour la retraite à la suite des conseils d’un professionnel. Cette proportion augmente à 65 % chez les 25 à 34 ans. De plus, les deux tiers des Canadiens actifs disent avoir commencé à préparer leur retraite. En moyenne, ils commencent à la préparer à 30 ans.

AXA a saisi le message. Sur le point d’offrir ses premiers fonds distincts, AXA prévoit aussi lancer une gamme de fonds communs en septembre. C’est une première incursion du géant français dans l’épargne collective au Canada.

M. Landry croit d’ailleurs que les investisseurs transféreront beaucoup de leurs fonds communs vers des fonds distincts et des produits à garantie de retrait minimum.

L’assureur n’a toutefois pas encore esquissé un geste vers les produits à garantie de retrait minimum. Robert Landry veut consolider sa percée en épargne collective avant de passer à de nouvelles initiatives.

Toujours selon le sondage d’AXA, les retraités canadiens sont ceux qui voyagent le plus. Ils figurent en deuxième position quant à la pratique d’un sport.

Or, les conseillers devront inciter leurs clients actifs à se préparer à une retraite aussi dynamique. Selon le Baromètre, 51 % des Canadiens actifs de 35 à 44 ans croient en effet qu’ils auront des économies insuffisantes à la retraite.