C’est pour assurer la pérennité de Morin Elliott Associés que John Morin et son frère Peter l’ont vendu à Gestionnaires d’assurances SUM. Les deux hommes demeureront à la tête du grossiste qu’ils ont créé à la fin des années 1980 avec Ian Elliott, mais se consacreront davantage aux relations avec leurs clients qu’à la gestion de celui-ci.

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En entrevue au Journal de l’assurance, John Morin a confié qu’il recevait toujours un ou deux appels par année pour voir si son frère et lui étaient prêts à vendre leur entreprise. Ils ont toujours répondu non, car ils n’en voyaient pas les avantages, mais aussi parce qu’ils n’étaient pas prêts à en céder les rênes.

M. Morin révèle que les appels se sont faits plus insistants au cours des deux dernières années. « Des gens nous disaient de penser à eux lorsque nous serions intéressés à vendre. Il n’y a jamais eu d’offre sur la table, mais on recevait plus de sollicitations », dit-il.

Les deux frères ont aussi considéré que les courtiers et les assureurs se positionnent différemment dans le marché. « La croissance organique est plus difficile à aller chercher. Un grossiste peut représenter une occasion d’affaires pour eux », dit M. Morin.

Pourquoi leur choix s’est-il porté sur SUM? « Nous avons toujours eu une relation étroite avec SUM, car on vient un peu de là. Ian Elliott nous avait approchés en 1988, alors que je terminais mon mandat de président au Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), pour fonder ce qui allait devenir Morin Elliott. M. Elliott était fort en responsabilité civile et en réassurance, mais n’avait rien en assurance des biens, où nous étions forts. M. Elliott a pris sa retraite à la fin des années 1990, mais avait gardé ses parts dans Morin Elliott. Son autre entreprise est devenue Elliott Risques Spéciaux, plus tard acheté par Markel, en Angleterre. À un moment, cinq courtiers ont quitté cette entreprise pour former SUM. On les côtoyait donc déjà depuis un moment », relate M. Morin.

C’est en juillet 2014 que John et Peter Morin ont accepté que les dirigeants de SUM regardent d’un peu plus près leur entreprise. Les discussions pour une transaction ont débuté en février.

Transition ordonnée

Réaliser une transition ordonnée est un autre facteur qui a penché dans la balance pour les deux frères, dit John Morin. « J’ai 65 ans et mon frère est un peu plus âgé que moi, dit-il. Nous ne voulions pas prendre le risque de subir un mauvais coup du sort. Les dirigeants de SUM nous ont aussi indiqué qu’ils voulaient que l’on reste en place. Si je peux continuer à aider des courtiers, je serai content, tout en ayant moins de responsabilités », dit-il.

Morin Elliott conservera aussi son nom, ses locaux montréalais, ainsi que ses employés. M. Morin souligne toutefois que son équipe change, notant au passage le départ à la retraite en juin de Nicole Pilon, une souscriptrice qui a travaillé de nombreuses années chez le grossiste.

« Morin Elliott pourra se moderniser. Nous pourrons aller plus loin dans certains projets », dit-il. M. Morin et son frère continueront aussi de diriger le cabinet de risques régulier P. Morin Assurances, qui ne fait pas partie de la transaction.