Tous ceux qui ont suivi l'évolution du marché immobilier depuis 20 ans notent que les promoteurs construisent des maisons de plus en plus grandes, sur des terrains de plus en plus petits. L'eau de pluie qui s'abat en grandes quantités sur les nouveaux quartiers se retrouve rapidement dans le réseau collecteur municipal. Mais ce ne sont pas tous les promoteurs de nouveaux complexes immobiliers qui agissent ainsi.

En entrevue avec le Journal de l’assurance durant l’été 2012, Raymond Medza, ancien vice-président du Bureau d'assurance du Canada, citait l'exemple du projet Harmonie, à Boucherville. Dans bien des municipalités, l'expansion se réalise au détriment des zones tampons qui absorbent les surplus d'eau lorsque les pluies sont fortes. À Boucherville, on a prévu des bassins de rétention.

Le projet Harmonie est aussi cité en exemple dans le Guide sur l'urbanisme durable, rédigé par Isabelle Boucher pour le compte du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT). « La capacité du ruisseau Sabrevois à recevoir les eaux pluviales était limitée et les couts d’infrastructures de canalisation et de connecteurs pluviaux mettaient le projet en péril. » La Ville a opté pour une approche novatrice, en misant sur l’aménagement de bassins de rétention avec retenue permanente d’eau, appelés lacs de rétention, de bassins secs et d’un réseau vert et bleu sur son territoire. La municipalité a par la suite constaté que les terrains résidentiels situés le long des lacs de rétention sont ceux qui se vendent les premiers et à plus fort prix.

Outre les programmes de débranchement des gouttières en vigueur dans plusieurs municipalités, on note dans le guide du MAMROT que certaines municipalités vont même jusqu'à débrancher les drains de fondation des conduites sanitaires, comme c'est le cas à Salaberry-de-Valleyfield.

Dans le Guide rédigé par Gilles Rivard et publié par le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP), on rappelle que « jusqu'au début des années 1980, on considérait les eaux pluviales comme une source de pollution relativement mineure ». On sait depuis que le ruissèlement peut charrier des volumes élevés de contaminants et de polluants. Cela devient un problème supplémentaire, si le milieu récepteur est aussi la source d'eau potable de la municipalité.