La compagnie française Célavie envisage de pénétrer le marché nord-américain avec une carte d’urgence médicale en prenant le Québec comme porte d’entrée. Sa clé? La Lifecarte qu’elle commercialise en Europe depuis 2003.Et pour ce faire, la première étape est de convaincre les assureurs au pays de la pertinence d’ajouter une telle carte à leur panier de services en assurance collective. Lifecarte est en fait une carte à puce dans laquelle figure, entre autres, les antécédents médicaux, les traitements en cours ainsi que les allergies de son utilisateur. Elle se lit à l’aide d’un téléphone portable qui supporte la technologie GSM. En Amérique du Nord, comme cette technologie ne domine pas le marché, Célavie a développé un lecteur sous forme de boîtier qui permet d’accéder aux données de la carte.

La carte sert en cas d’urgence : ainsi, même inconscient à la suite d’un accident, le titulaire de la carte s’assure que les secours sur place sauront rapidement quelles précautions prendre, relativement à son état de santé.

Il leur suffira d’insérer la carte dans le boîtier ou dans un téléphone pour accéder au dossier de la personne accidentée. Les renseignements médicaux sont diffusés en plusieurs langues dont le Mandarin, l’Anglais, l’Espagnol, le Portugais, l’Italien, etc.

Pour France Beaudoin, consultante en développement des affaires chez Célavie, il s’agit d’une occasion pour les assureurs d’offrir une valeur ajoutée à leurs clients et en même temps de se démarquer de la concurrence. Des joueurs de l’industrie qui ont du reste requis l’anonymat ont entamé un projet pilote afin de voir l’intérêt que suscite le produit.

L’entreprise a rencontré une quinzaine d’assureurs à ce jour, et compte compléter son tour d’horizon d’ici octobre 2006, indique Mme Beaudoin. « Il est encore prématuré de dire que nous avons signé des ententes », poursuit-elle. La compagnie se dit aussi ouverte à offrir une exclusivité temporaire à un assureur qui désirerait faire connaître le produit à ses clients.

Mme Beaudoin est persuadée que les assureurs s’enthousiasmeront pour la Lifecarte comme ils l’ont fait outre-Atlantique. « C’est la clientèle cible pour démarrer, ça a été la clientèle la plus gagnante en Europe », explique-t-elle. Mais au Canada, il y a aussi le réseau des pharmacies « très bien organisé » que Célavie ne compte pas négliger. Les compagnies qui fournissent de l’assistance telles que CAA, par exemple, sont aussi sous la loupe de Célavie.

À présent, reste à ouvrir un bureau à Montréal, un centre d’appels et à finaliser le site internet canadien. La gestion des dossiers et toutes les questions relatives à l’utilisation de la Lifecarte passeront par la compagnie Célavie. Les premières cartes pourraient être vendues dès cet été, indique Mme Beaudoin. Leur coût sera de 25 $. Le prix baissera énormément avec du volume, dit-elle.