Les réserves de capitaux posent un problème de taille aux assureurs vie, mais ceux-ci pourraient bien avoir un répit sous peu. L’Institut canadien des actuaires et le Conseil des normes actuarielles préparent actuellement de nouvelles normes en la matière. Celles-ci devraient être diffusées en juin et mises en place dès le mois d’octobre.Tom MacKinnon, directeur et analyste chez BMO Marchés des capitaux, explique que les normes en vigueur en matière de réserves de capitaux sont beaucoup trop onéreuses, compte tenu de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt. On s’attend à ce que les nouvelles normes tiennent compte d’une réalité temporelle beaucoup plus étendue. « Nous croyons que, de façon générale, les nouvelles normes s’avèreront moins couteuses. Il pourrait s’agir, par exemple, d’un déblocage non récurrent de réserves actuarielles et de gains tenant compte du résultat par action. » Ce gain pourrait toutefois être atténué par de nouvelles normes actuarielles plus serrées.

De façon générale, les assureurs pourraient, selon lui, profiter du fait que l’on réduise considérablement leur sensibilité aux taux d’intérêt (les normes envisagées ne modifieraient toutefois en rien la sensibilité aux fluctuations du marché boursier.) Or, cela pourrait aussi leur nuire, parce que les ventes d’actions tiennent compte du fait que l’on s’attend à ce que le résultat par action grimpe en flèche lorsque les taux d’intérêt augmenteront.

Si les normes mises en place ressemblent à ce qui est prévu, on pourrait assister à un revirement de situation spectaculaire et assez intéressant : les marchés miseraient sur la croissance du gain lié au résultat par action réalisé par les sociétés d’assurance touchées. Actuellement, c’est plutôt le contraire : la valeur des titres monte et descend au gré de la fluctuation des taux d’intérêt.