Un programme lancé en 2007 a permis à SSQ Groupe financier de réduire le taux d’absentéisme de ses employés, en développant davantage les capacités de ses gestionnaires à intervenir en santé et mieux-être.

Le leadeurship des gestionnaires, leur acuité à saisir l’importance d’agir et leur acuité à soutenir leurs employés font des miracles en santé et mieux-être en milieu de travail. C’est ce qu’a affirmé Marie-Pierre St-Antoine, lors du Rassemblement pour la santé et le mieux-être en entreprise.

Conseillère principale en santé globale de SSQ Groupe financier, Mme St-Antoine a aidé les gestionnaires à intégrer des pratiques axées sur le leadeurship, dans le cadre du programme de santé et mieux-être La Vie en forme, lancé en 2007. « La réflexion s’est amorcée en 2005, en raison des couts de santé, dont l’absentéisme. Nous nous sommes dit que développer le leadeurship est un bon début pour faire de la prévention », a relaté la conseillère.

Le programme axe ses efforts sur la prévention, la promotion de la santé et la gestion de la présence au travail « selon des valeurs de responsabilisation, de soutien et d’équité », a expliqué Mme St-Antoine. Ses instigateurs créent des cours de groupes, une bibliothèque qui permet aux employés d’emprunter des livres et des DVD, entre autres de recettes ou d’exercices, des défis santé. Le concept Arrêt aux fruits ! prévoit des « sites vitaminés » pendant le mois de la nutrition, en mars. Des campagnes de « selfies » de reconnaissance invitent un collègue à en reconnaitre un autre. SSQ commandite deux marathons…

L’absentéisme diminue

Durant le programme de santé et mieux-être, SSQ a aussi mis en place un protocole de pratiques de gestion qui a fait diminuer de beaucoup le taux de rechute après un retour au travail. Un programme de leadeurship instauré entre 2010 et 2012 a permis d’améliorer plusieurs éléments. L’assureur a vu son taux d’absentéisme diminuer de 44 % depuis 2007, dont 32 % au cours des trois premières années, dit Mme St-Antoine. Depuis 2007, les dossiers d’invalidité à caractère psychologique ont chuté de 18 %.

Pour savoir où concentrer ses efforts, SSQ s’était demandé ce qui crée un climat propice aux absences. Celles-ci surviennent dans un climat défavorable, lorsque l’employé sent que ses compétences sont moins utilisées, qu’il n’a ni influence, ni reconnaissance, ni autonomie, découvre la compagnie. « Nous avons travaillé pour renforcer la résilience individuelle, la reconnaissance et le soutien social », a expliqué la conseillère de SSQ.

L’assureur rencontre aussi des défis. « Nous avons dû responsabiliser les gestionnaires et leur faire réaliser que c’est aussi leur travail de s’occuper de santé et de prévention », a confié Mme St-Antoine. Défi propre à une grande entreprise multisites, SSQ a aussi dû uniformiser la gestion des absences et des mesures d’accommodement, éviter de mettre trop l’accent sur les indicateurs de performance des employés et maintenir l’effort.

Leadeurship et conviction

Mme St-Antoine attribue les succès de La Vie en forme à une vision d’ensemble. « Une culture santé fait toute la différence sur le bien-être dans une organisation, ce qui maximise les résultats d’un programme », soutient la conseillère.

Changer la culture exige toutefois de convaincre. « Allez voir la haute direction avec un bon plan d’affaires, conseille-t-elle. Allez chercher l’adhésion de tous les paliers de gestionnaires. Nous avons pris une approche bénéfice. Présentez le programme sous l’aspect que cela aidera le gestionnaire à atteindre ses objectifs. »

SSQ a aussi restructuré son programme de leadeurship. « Nous avons beaucoup misé ces dernières années sur le leadeurship pour favoriser l’adoption de comportements concrets au quotidien, pour avoir un impact sur le bien-être et la santé de nos employés », a souligné Mme St-Antoine. Il est devenu le programme LEAD, pour leadeurship, engagement, action, développement. Il comporte quatre niveaux : Leadeur exécutif, Leadeur d’influence, Leadeur performant, et Leadeur de la relève, lequel reste à développer, a précisé la conseillère.

S’adressant au plus grand nombre de gestionnaires, la formation derrière Leadeur performant vise à stimuler entre autres la responsabilisation, la capacité de coaching et l’importance d’agir. « Le pire scénario est de ne rien faire. Même si l’intervention du gestionnaire est un peu maladroite et qu’il n’est pas sûr de son coup, l’employé se dira : il se soucie de moi. »

Mme St-Antoine et son équipe ont établi quelles pratiques sont les plus payantes en gestion de la santé. Le gestionnaire doit montrer l’exemple et mettre les conditions propices à la santé. Il doit démontrer de l’intérêt pour la santé et les programmes mis en place. Bref, être un modèle. Il s’agit de l’intervention primaire.

En intervention secondaire ou précoce, le gestionnaire doit s’appliquer à détecter les signes avant-coureurs, savoir comment le dire à l’employé et proposer des accommodements.

En prévention tertiaire, il s’agit de favoriser la présence au travail ou de faire en sorte que le retour au travail se fasse dans les meilleures conditions. « Maintenir le contact avec les employés pendant l’absence est essentiel, insiste Mme St-Antoine. Nous formons nos gestionnaires pour bien le faire. »

Le gestionnaire gagnera à discuter avec l’employé et aussi avec son équipe, lors du retour au travail, pour voir la façon dont chacun l’envisage et souhaite que cela se passe, explique-t-elle. « Tout cela pour faire diminuer l’anxiété du retour. La première journée est un peu garante du succès du retour au travail. Il arrive que nous reportions de quelques jours le retour de l’employé pour nous assurer que le gestionnaire soit présent lors du retour au travail. » Une fois le retour survenu, le suivi est de mise.