RSA Canada multipliera au cours des prochains mois les initiatives pour outiller le courtage. Après l’introduction du programme des miles Air Miles et de l’Application RSAassist, l’assureur bonifiera son programme d’assistance Aladin, fera son entrée dans le marché du cautionnement et lancera une solution en télématique en assurance automobile. RSA compte aussi être plus actif dans le financement de cabinets de courtage.

« RSA est reconnu au Québec comme l’assureur qui a la plus grande offre. En assurance des particuliers, nous avons une bonne offre qui vient du portefeuille acquis de L’Union Canadienne. On l’a bonifié un peu, notamment en augmentant les valeurs assurables d’une maison. On va continuer à l’augmenter », a dit Glen Bates, vice-président pour la région de l’Est du Canada, dans une entrevue qui s’est déroulée entièrement en français.

L’assureur veut ainsi étendre l’utilisation de son application RSAassist aux courtiers du Québec. Par son entremise, les clients ayant RSA comme assureur peuvent avoir un secours immédiat avec leur véhicule si jamais il leur arrive un problème, soit par courriel ou par téléphone.

Procurer un sentiment de sécurité

M. Bates a relaté que l’application a grandement aidé sa conjointe lors d’une journée de grand froid à la mi-janvier. « J’étais en réunion avec un courtier, et elle a tenté de me joindre successivement à deux reprises, ce qui n’est pas son habitude. J’ai pris son appel et elle m’a dit que sa voiture ne voulait pas démarrer. Je lui ai conseillé de tester l’application que j’avais installée sur son iPhone, et quelqu’un est venu en dedans de 45 minutes, ce qui était exceptionnellement rapide vu le grand froid qu’il y avait ce jour-là. Elle en fut tellement impressionnée qu’elle a vanté l’application par le biais d’un message sur Facebook. C’est le but de cette application : procurer un sentiment de sécurité et de bienêtre », dit-il.

L’assureur compte d’ailleurs bonifier RSAassist. Il a pour projet d’y intégrer tous les services de son programme d’assistance Aladin, qui sera aussi bonifié pour l’occasion. Conçu à L’Union Canadienne, Aladin offre plusieurs services d’assistance, notamment routière, juridique, de gardiennage ou encore d’entretien ménager.

RSA investira aussi le terrain de la télématique. Le projet est actuellement en période d’essai au sein des employés de RSA. Une application pour téléphone intelligent y est aussi associée et permet de mesurer différents comportements de conduite, notamment l’usage du cellulaire. Le programme de télématique de RSA sera lancé en Ontario en 2015, suivi du Québec en 2016.

RSA souhaite aussi bonifier son offre en assurance des entreprises. « Nous sommes probablement l’assureur qui a le plus grand appétit dans ce segment, que ce soit pour les petits risques jusqu’aux plus grands risques. Nous souhaitons toujours y élargir notre appétit », dit-il.

C’est pour cette raison que RSA s’est lancé dans le marché du cautionnement. « Nous avons débuté dans l’Ouest en 2013, puis en Ontario en 2014 et nous arriverons au Québec en 2015. Nous sommes un des plus grands assureurs aux entreprises au Canada, pourtant nous ne faisons rien en cautionnement. C’était un manque dans notre offre et ce sera donc un bon fit [une bonne intégration] pour nous », dit M. Bates.

Il croit que l’offre de RSA en cautionnement au Québec sera particulièrement vue par les courtiers. « Intact Assurance, AXA et Jevco étaient trois grands joueurs dans ce marché. Comme ils sont regroupés au sein d’Intact, ça va beaucoup aider les courtiers d’avoir RSA dans leur portefeuille en cautionnement », dit-il.

M. Bates ajoute qu’il veut aussi valoriser le portefeuille acquis de L’Union Canadienne. « Le Québec est l’un des marchés les plus rentables et les plus constants au Canada. En faisant son acquisition, nous avons diversifié notre portefeuille, qui était fortement en Ontario avant. Deux ans après l’acquisition, nous sommes très satisfaits de la rentabilité du portefeuille de L’Union Canadienne », dit-il.

Tirer le plein potentiel en assurance des particuliers

Il réitère que RSA continuera d’investir dans son portefeuille d’assurance des particuliers. « Nous avons acheté L’Union Canadienne pour sa rentabilité. Nous investirons aussi beaucoup dans nos actuaires. Nous avons une bonne équipe à Québec et nous avons une stratégie pour améliorer notre tarification. Il nous faut être en avant de la concurrence. C’est pourquoi nous voulons nous assurer d’en tirer le plein potentiel », dit-il.

RSA compte aussi investir dans ses moyens technologiques. L’assureur adoptera ainsi les eDocs mis au point par le Centre d’étude de la pratique d’assurance (CSIO). En essai actuellement chez quelques courtiers, le tout devrait être disponible pour tous les courtiers à la fin de mars ou au début d’avril.

En transition

M. Bates ajoute que RSA est actuellement dans une phase de transition. Au cours des dernières années, l’assureur a réalisé plusieurs acquisitions, notamment celles de L’Union Canadienne et de GCAN. En 2014, l’assureur a vendu Noraxis, un réseau de distribution qu’il possédait au Canada anglais.

« Après avoir investi dans les acquisitions, nous allons nous concentrer sur l’investissement dans nos systèmes et notre tarification pour quelques années », précise-t-il. RSA investira aussi pour mettre à jour son portail Sigma, acquis de Co-operators lors de l’achat de L’Union Canadienne.

L’assureur possède un volume qui dépasse les 350 millions de dollars (M$) au Québec, répartis environ à 60 % en assurance des entreprises et 40 % en assurance des particuliers. RSA traite avec 200 courtiers au Québec. « Nous avons connu une légère décroissance en 2014, mais nous avons un plan en 2015 qui nous permettra de ramener de la croissance », dit M. Bates.

Outre la bonification de ces offres dans ces portefeuilles d’assurance, RSA compte être plus actif dans le financement des cabinets de courtage. Il y a un besoin dans le courtage pour financer des transferts de succession dans le courtage au Québec. À travers le Canada, au fil des années, nous avons réalisé plus de 100 prêts à différents cabinets, avec des amortissements allant jusqu’à 10 ans. « Il est parfois difficile pour des petits cabinets d’aller chercher de tels termes. Nous espérons en tirer des bénéfices, mais que le réseau en tire aussi », dit M. Bates.

L’assureur irait-il jusqu’à acquérir une participation dans l’actionnariat de cabinets? M. Bates dit ne pas être fermé à l’idée.

« On cherche la formule qui convient au courtier. S’il cherche à ce que l’on soit actionnaire, nous ne sommes pas fermés à l’idée. S’il a juste besoin de financement, nous sommes aussi là pour cela. Ce que nous souhaitons, c’est que la puissance de RSA les intéresse à traiter avec nous », dit-il.

M. Bates ajoute que, si un courtier désirait concentrer du volume auprès de RSA en assurance des particuliers, l’assureur serait prêt à le faire. « Si ça peut répondre à un besoin pour eux, nous sommes là pour eux et ça nous intéresse », dit-il.

M. Bates dit aussi que c’est pour cette raison que l’assureur continue à investir dans sa marque. C’est ce qui l’a motivé à faire partie du programme de récompenses Air Miles. Les réceptionnistes de l’assureur indiquent d’ailleurs que RSA est partenaire d’Air Miles lorsqu’ils répondent au téléphone. « Il y a une valeur dans cela et ça vaut la peine d’y investir », dit-il.

Travailler sur l’image et les médias sociaux

Il invite d’ailleurs les courtiers à travailler sur leur image. Il souligne que ceux-ci auraient avantage à utiliser et à maitriser plus les médias sociaux.

« Certains le font très bien pour faire sonner le téléphoner dans leur cabinet ou pour y générer de l’achalandage. Certains moyens, inconnus il y a peu, peuvent être très intéressants. On n’a qu’à prendre le Ice Bucket Challenge, ça peut être génial pour un courtier. On les incite à participer à de telles choses. L’assurance n’est pas nécessairement perçue comme une industrie excitante. C’est un moyen d’y attirer les gens », dit-il.

M. Bates ajoute que RSA poursuit son investissement dans l’éducation des courtiers. L’assureur a tenu deux sessions de formation à Montréal et à Québec, auxquelles plus de 300 courtiers ont participé et ont pu accumuler des unités de formation continue (UFC). L’assureur poursuit aussi son programme de formation Making Partners, en collaboration avec l’université Queen’s, à Toronto, visant à former les futurs propriétaires de cabinets de courtage », dit-il.

Augmenter la part du courtage

Il ajoute que RSA doit multiplier et poursuivre ces initiatives s’il veut tirer sa part du gâteau. « Si on veut que notre part augmente, il faut aider les courtiers à reprendre du marché des mains des assureurs directs. Si ça diminue et que je veux X % de la part du courtage, j’ai un problème. Il faut que le marché que je cherche augmente. Je ne veux donc pas que des bureaux soient vendus à des directs. Plus grand est le marché des courtiers, plus grand est mon marché », dit-il.

M. Bates a aussi confié au Journal de l’assurance qu’il en était à revoir la réorganisation de ses troupes au Québec. Il devrait ainsi présenter une nouvelle structure sous peu.

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