Malgré la complexité de son financement et les embuches liées à la croissance, Promutuel Assurance entend rester créatif afin de poursuivre sur sa lancée et d’atteindre les objectifs ambitieux de son plan de transformation lancé en 2012.Sylvain Fauchon, chef de la direction de Promutuel Assurance, était l’invité du Cercle finance du Québec, le 1er octobre à Québec. Il a résumé les grandes lignes du plan de transformation nommé Phénix, dans lequel le groupe s’est donné des objectifs ambitieux à atteindre d’ici la fin de 2015.

Les 23 projets du plan Phénix sont inspirés par trois objectifs: augmenter les parts de marché à 10 %, ce qui ferait grimper les primes à près d’un milliard de dollars (G$); optimiser l’efficacité de 25 %; et maintenir la mobilisation élevée des employés. La création d’une société de portefeuille au printemps 2013, dont sont propriétaires les 24 mutuelles du groupe, permet à celui-ci de faire des acquisitions et de lever des capitaux auprès de partenaires externes.

Au 31 décembre 2013, grâce aux 660 millions de dollars (M$) en primes souscrites, Promutuel Assurance était déjà le quatrième plus gros assureur de dommages au Québec. Depuis, de nouvelles fusions ont réduit le nombre de mutuelles de 26 à 24. L’assureur, qui dessert 600 000 membres assurés et clients, détenait alors plus de 280 M$ en capitaux excédentaires. « Nous pouvons doubler notre taille », indique M. Fauchon. Il confirme que la barre des 700 M$ de primes a été dépassée en 2014.

Quelque 40 % du volume de primes provient de l’assurance automobile; 35 %, de l’habitation; 15 %, de l’assurance des entreprises; et 10 %, du secteur agricole.

M. Fauchon affirme que la croissance des revenus de primes devrait dépasser, en 2014, les 10 % pour une troisième année de suite. La cible des gains d’efficacité est en bonne voie d’être atteinte, à 17 %. Dix-huit mois après le lancement du plan Phénix, les sondages internes montrent que le personnel est toujours enthousiaste et mobilisé, souligne-t-il.

Il a présenté un résumé historique de la fondation de la première mutuelle en 1852 à Beauharnois, et de l’évolution de la fédération des mutuelles créée en 1956. Depuis 1985, Promutuel a commencé à offrir une protection élargie des dommages causés par les divers sinistres. En 2013, Promutuel Assurance a été lancé pour mieux desservir les marchés de Montréal et de Laval.

Lever des capitaux

Selon le PDG, Promutuel Assurance n’a pas eu le choix de modifier sa structure afin de lever des capitaux et de financer sa croissance. « Nous nous battons contre des concurrents qui sont des joueurs de plus en plus costauds. Même chez les assureurs à courtage, il y a aussi de plus gros joueurs », dit-il.

Parallèlement à cette consolidation, le marché de l’assurance de dommages au Canada et au Québec connait une croissance « très modérée, entre 2 % et 4 % par année ». Avec les revenus de placements plus aléatoires ces dernières années, l’industrie montre une rentabilité faible. De plus, les changements climatiques augmentent la fréquence des sinistres, ce qui accroit l’incertitude des marchés financiers envers l’industrie de l’assurance de dommages.

« Nous ne voulons pas grossir pour le seul plaisir d’être gros, mais parce que cela nous donne les mêmes leviers dont profitent nos plus gros concurrents », ajoute M. Fauchon. Le groupe s’est doté d’un nouveau moteur de tarification, d’un nouveau site Web et a modifié son image de marque.

« Mais nous n’allons pas nous arrêter là, sans toutefois essouffler nos gens. Nous avons prévu un programme d’investissement permanent, dont l’achat d’un progiciel pour la gestion de nos polices en entreprise et en agriculture », dit-il. Les nouveaux bureaux situés à Longueuil se trouvent à proximité des terminus des sociétés de transport collectif qui desservent la grande région métropolitaine.

Sylvain Fauchon affirme que l’effort de développement de nouveaux marchés dans les villes servira de laboratoire pour la croissance dans les marchés traditionnels de l’assureur.

Promutuel projette d’améliorer l’automatisation des examens requis par le régulateur pour la capitalisation du groupe. Avec sa structure actuelle, où chacune des 24 mutuelles, l’assureur et le réassureur doivent réaliser le test de capital minimum, l’exercice est délicat, dit-il. Promutuel fera de même pour mieux gérer sa trésorerie, ses besoins de liquidités et ses placements.

Enfin, M. Fauchon se dit particulièrement fier d’avoir pu maintenir son régime de retraite à prestations déterminées. Dans le contexte de la rareté de la main-d’œuvre, un tel régime contribue à attirer et à retenir le personnel. « Notre solution est largement inspirée des recommandations du rapport D’Amours, et notre régime est pleinement capitalisé et solvable. Nous avons révisé nos politiques de capitalisation et de placement, nous avons remis des fonds tout comme le personnel. Nous avons eu un rendement de 10,6 % par an depuis les cinq dernières années. Les dernières évaluations montrent des ratios supérieurs à 100 %. »