De nombreux courtiers attendaient l’allocution du ministre des Finances du Québec Carlos Leitão, conférencier au banquet du congrès du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), avec le souhait de voir le projet de loi 150 modifié. Ça ne s’est pas produit, sauf que le ministre a ouvert la porte au dialogue après l’adoption du projet de loi.

Carlos Leitão a reconnu que le projet de loi a soulevé « plusieurs réactions dans le milieu du courtage ». Sans les commenter, il s’en est tenu à réexpliquer les objectifs du projet de loi soit de s’assurer que le consommateur a la garantie que le courtier a magasiné pour son compte et que ce travail a été fait en toute indépendance des assureurs.

Le projet de loi exige que les courtiers, s’ils veulent conserver ce statut, présentent quatre soumissions d’assureurs de groupes financiers différents pour chaque demande de proposition reçue d’un consommateur.

Le projet de loi sera complété par la règlementation à venir

Le ministre a souligné que le projet de loi ne fait qu’introduire le concept qui sera complété par la règlementation à venir. « C’est au moment de l’adoption de la future règlementation que vous serez bien sûr appelés à commenter », s’est alors engagé M. Leitão. « Nous aurons d’autres discussions tout au long du processus, ça ne finit pas demain », a-t-il ajouté. Il a clôturé son intervention en affirmant sa volonté de travailler avec tous les acteurs de l’industrie tout en étant ouvert au dialogue.

Au sortir du banquet, certains courtiers se sont montrés optimistes, d’autres moins. « C’est agaçant d’entrer dans un processus dans lequel on ne connait pas l’issue », a dit l’un d’eux. 

Le sujet de l'heure au congrès annuel du RCCAQ

Chose certaine, le projet de loi 150 est « le » sujet de discussion au congrès. Il divise la communauté des courtiers, et on entend à nouveau des échanges, parfois acerbes, sur les « vrais » courtiers par rapport à « ceux qui concentrent chez Intact ».

Le dépôt au consommateur de quatre soumissions divise aussi. Certains disent que c’est possible, mais que c’est le consommateur qui ne voudra pas entendre toutes les explications. C’est à ce moment que le courtage perdra le client au bénéfice d’assureurs directs, eux qui n’ont qu’un produit à présenter.

Un autre congressiste s’interroge sur cette exigence de « quatre soumissions » imposée uniquement aux courtiers d’assurance de dommages. « Le fait-on pour les conseillers en assurance vie, les courtiers en immobilier, en hypothèques ? Non ! »