Au Mouvement des caisses Desjardins (MCD), le coordonnateur des avantages sociaux relevant de la première vice-présidence en ressources humaines, Robert Desbiens, est à même de témoigner de l’accessibilité du produit.

Le 1er janvier, les employés ont automatiquement adhéré à un régime de base qui les couvre chacun pour 10 000 $ en cas de maladies graves. L'employeur défraie 80 % des coûts que M. Desbiens estime à 80 cents par employé par semaine (41,60 $ par an). Il en coûte donc 64 cents par semaine à l'employeur et 16 cents par semaine à l'employé (soit respectivement 33,28 $ et 8,32 $).

Un deuxième volet permet à l'employé de souscrire des montants additionnels à ses frais et en présentant des preuves d'assurabilité.

De plus, Desjardins maintient la protection à la retraite de l'employé, sur base collective et en fondant la tarification sur l'expérience à la fois des employés actifs et retraités.

Pour sa part, ACE INA a sondé ses propres clients pour connaître ce qui a motivé leurs choix.

Assuré depuis 2002 avec ACE INA, un groupe de 2000 employés dans le domaine de la technologie offre de l'assurance maladies graves facultative à ses employés depuis 2007. Les assurés se plaignaient que leur assurance invalidité longue durée ne les couvrait que dans 60 à 65% des cas. La compagnie a enregistré 10 réclamations depuis. Motif de sa décision : ajouter un facteur «wow» au régime. La compagnie a aussi réduit l'impact de ce choix sur son budget en réduisant d'autres garanties.

Une boîte d'avocats avec 1 000 employés a fait de même dans le but d'attirer de nouveaux employés. L'entreprise désirait pallier des lacunes dans l'admissibilité à l'invalidité de longue durée.

Une firme pétrolière s'est dotée d'un régime obligatoire de 50 000 $ de couverture pour chaque cadre et 10 000 $ pour chaque employé. Elle considérait ce choix comme une valeur importante aux yeux de ses employés.

Pour d'autres, le choix est motivé par un incident. Une chaîne d'alimentation de 1 200 employés, assurée chez ACE INA, s'est dotée d'un régime de base couvrant chaque employé pour 10 000 $ après que la conjointe du patron eût contracté un cancer du sein.

Dans un article écrit en juin 2008 dans Benefits and Pensions Monitor, Eddy Levy cite les résultats d'une recherche menée par Chris Longo, médecin et professeur associé au DeGroote School of Business auprès de 282 patients atteints de cancer en Ontario. Des résultats éloquents. En effet, un patient sur cinq a révélé subir un lourd fardeau financier en raison de cette maladie, avec un coût oscillant entre 17 358 $ et 32 428 $ durant une période de 11 mois (la durée moyenne du traitement pour l'ensemble des participants).

Des courtiers constatent que le besoin est de mieux en mieux compris dans le marché. « Nous en vendons énormément au niveau collectif », soutient Pierre Saddik, de Saddik International Actuariat Conseil, une firme qui travaille en partenariat avec Les conseillers en avantages sociaux Sage, un cabinet basé à Québec.

Bien sûr, ce ne sont que de petits montants, de dix ou quinze mille dollars, observe-t-il. « Mais les conseillers ont compris. Pas nécessairement besoin d'une couverture de 100 000 $ en maladies graves. »

Pour lui, les avenues de croissance sont dans les services d'assistance, et pas seulement Best Doctors. Il pense à des entreprises qui négocient les soins aux meilleurs coûts avec divers hôpitaux. C'est le cas de la firme www.timelymedical.ca. « Grâce à ces firmes, il est maintenant possible de dénicher un pontage coronarien pour une fraction des 100 000 $ qu'il en coûtait avant », soutient M. Saddik.

Ces firmes arrivent à négocier des coûts avantageux en raison de leur volume. TimelyMedical offre en fait à ses clients d'accéder à un pontage coronarien pour 16 000 $ dans un délai de 48 heures. Même délai pour l'angioplastie, moyennant une somme de 12 500 $.

Selon un service similaire disponible sur le site www.wockhardthospitals.net, on peut obtenir un pontage coronarien pour 8500 $ US à Bangalore en Inde. Un double remplacement valvulaire sera accessible pour 14 000 $ US et l'angioplastie pour un coût entre 7 500 $ US et 8 500 $ US, toujours au même endroit.

Difficile de se passer d'une telle couverture, ajoute M. Saddik, quand on sait que le coût moyen d'un régime collectif pour maladies graves est de 6 $ du 1 000 $ de couverture. Selon lui, la gestion des soins de santé pavera la voie du succès pour l'assurance maladies graves en collectif.