Dans sa dernière démarche en date visant à accroitre ses interactions avec sa clientèle, la Financière Manuvie a ciblé les employeurs.

Prenant récemment la parole devant l’Economic Club of Canada de Toronto, la présidente et chef de la direction de Manuvie, Marianne Harrison, a parlé de la nécessité d’informer davantage les Canadiens sur la corrélation entre la santé et le bien-être personnels de quelqu’un et sa santé financière. Selon la PDG, les employeurs ont un important rôle à jouer dans la promotion du bien-être physique, mental et financier de leur personnel.

Pour inciter les employeurs à agir, Manuvie a publié les résultats d’une recherche dans laquelle seulement 34 % et 26 % des répondants estimaient que leur situation financière était bonne ou moyenne, respectivement. « Au moins 40 % ne sont donc pas satisfaits de leur situation financière. De ce nombre, la moitié affirment que la situation a des répercussions sur leur productivité au travail, et ce, au quotidien. »

Selon cette recherche, les Canadiens ayant une bonne situation financière ont davantage tendance à bien veiller sur leur santé, tandis que ceux qui ont des préoccupations financières sont presque cinq fois plus nombreux à éviter les activités favorisant une bonne santé.

« Nous avons en fait constaté que les personnes qui ont des problèmes financiers prenaient 25 % plus de congés de maladie que les autres. Il y a là une incidence directe sur la productivité. Nous essayons de documenter les employeurs afin qu’ils puissent, à leur tour, informer leur personnel. »

Mme Harrison explique que, dans ce but, Manuvie cherche des moyens d’élargir son programme Vitalité. Le programme offre à ses adhérents de suivre la progression de leur mise en forme ainsi que différentes façons d’accumuler des points (exercices, visite annuelle chez le médecin) en vue d’ensuite pouvoir obtenir une réduction de leur prime. Manuvie aimerait bien que ce produit actuellement proposé aux particuliers complète son offre en assurance collective.

« C’est difficile. Les employeurs ont déjà du mal à payer les programmes d’avantages sociaux en place. Comment ajouter un produit qui leur coutera encore quelque chose ? Nous tentons de trouver des moyens créatifs d’entrer sur le marché des employeurs, car c’est la façon la plus rapide de présenter la question. »

Elle précise que les conseillers qui arrivent à vendre le produit sont en outre mieux outillés pour susciter des changements. « L’ajout du programme Vitalité de Manuvie augmente les possibilités de parler des bonnes habitudes de vie. Nous croyons que, dans les années à venir, les améliorations en matière d’analyse des données nous permettront d’aider les conseillers à mieux anticiper les besoins de leurs clients et à mettre à leur portée, exactement au bon moment, une information apte à susciter leur engagement. »

La non-discrimination génétique

Mme Harrison a aussi abordé la question de l’incidence que la nouvelle loi canadienne sur la non-discrimination génétique pourra avoir sur les primes. « Si le consommateur dispose d’une information dont nous ne disposons pas, cela change vraiment la donne. Du côté de l’assurance vie, nous pensons que ce ne sera pas si mal. À vrai dire, c’est plus problématique quand on pense à des choses comme les maladies graves. C’est un problème épineux. Il nous faudra peut-être augmenter les primes. Dans certains cas, nous pourrions même constater qu’il vaudrait mieux ne pas en vendre du tout. On se retrouve effectivement dans une situation où tous n’ont pas les mêmes outils. Il va falloir repenser tout ça. »