Manuvie a pris entente avec la compagnie de réassurance RGA Canada pour couvrir le risque de longévité rattaché à un bloc d’affaires canadiennes de rentes collectives en phase de décaissement, qui compte 45 000 rentiers. Manuvie fait ainsi un pas de plus dans sa stratégie de libérer du capital.

Réassureur particulièrement actif dans le marché de l’assurance longévité, RGA a rappelé ses liens avec Manuvie. « Nous entretenons un partenariat de longue date avec Manuvie, et nous sommes fiers d’implanter une autre solution sur mesure pour satisfaire leurs objectifs financiers », a déclaré le PDG de RGA Canada, Alka Gautam.

John Laughlin, vice-président exécutif des solutions financières mondiales de la maison-mère, Reinsurance Group of America (RGA), a ajouté que « cette transaction démontre une fois de plus l’expertise de RGA en risques de longévité et son habileté à conclure des transactions pour ses clients ».

RGA gère des risques en assurance de personnes d’un portefeuille mondial dont les affaires en vigueur représentent environ 3,3 billions de dollars (un billion égale 1 000 milliards). Son siège social se situe aux États-Unis, à St-Louis dans l’état du Missouri.

Une transaction privée

Il n’a pas été possible de connaitre le montant en dollars du risque couvert. Dans son communiqué, RGA a indiqué qu’aucun détail additionnel ne serait révélé sur cette transaction.

Du côté de Manuvie, on n’a pu répondre immédiatement aux questions du Journal de l’assurance, alors que toute l’attention de l’assureur se tourne vers les résultats financiers records qu’elle vient de divulguer.

Libérer 5 G$

Il importe toutefois de souligner que Manuvie avait annoncé dès le 1er novembre 2018 une autre transaction, celle-ci apte à libérer plus de 1 G$ de capital. La compagnie a alors annoncé des ententes visant à réassurer pratiquement tous ses anciens produits de rentes individuelles et collectives aux États-Unis, ainsi que les risques liés à la mortalité et aux déchéances sur une partie de ses anciens contrats d’assurance vie universelle canadiens.

« Nous prévoyons de libérer plus de 1 G$ de capital à l’issue de ces opérations, ce qui marque une étape importante dans l’optimisation de notre portefeuille et constitue un progrès important vers notre cible de 5 G$ d’ici 2022 », avait alors expliqué Roy Gori, président et chef de la direction de Manuvie.

Fonds distincts moins « capitalistiques »

Dans ses résultats du premier trimestre 2018, M. Gori a réitéré sa détermination à libérer du capital en atténuant le risque de ses activités. « En 2018, nous avons vendu des actifs alternatifs à long terme, nous avons réalisé six transactions de réassurance couvrant des blocs de contrats traditionnels d’assurance vie universelle et de rente fixe, nous avons vendu Signator Investors, notre courtier en valeurs mobilières entièrement détenu, et nous avons offert aux clients qui investissent dans certains de nos produits traditionnels de fonds distincts au Canada la possibilité de convertir leur contrat en produit de fonds distincts moins capitalistiques. Ces initiatives ont permis de libérer des fonds propres de 3,0 milliards de dollars en 2018 », a déclaré le PDG de Manuvie.

 


Tendance lourde

La réassurance d’un bloc de rentes collectives d’une telle ampleur n’est pas chose courante. Or, cette tendance s’accentue, exacerbée par une amélioration sans précédent de l’espérance de vie. Le Journal de l’assurance consacre un dossier spécial sur les différentes stratégies et les dernières avancées des assureurs et des réassureurs en transfert de risques de longévité, dans son édition de janvier-février 2019.