Pour augmenter les revenus à la retraite, Éric Bisaillon, directeur général et vice-président régional de la Banque HomEquity, propose d’utiliser l’actif immobilier dans la planification de la retraite et de la succession. L’hypothèque inversée, produit connu sous le nom de CHIP et offert par cette institution depuis près de 30 ans, peut servir autant au début de la retraite que comme outil de dernier recours, un peu plus tard. En plus de diversifier les sources de revenus à la retraite, l’outil comporte un avantage fiscal évident, insiste-t-il.

Quelque 90 % des gens désirent garder leur maison le plus longtemps possible. Bon nombre d’entre eux pensaient la vendre à leur retraite et utiliser ce capital pour subvenir à leurs besoins, mais ils changent d’idée, poursuit M. Bisaillon. Les conseillers doivent considérer ce désir des clients de conserver la résidence principale où ils ont passé la majorité de leur vie. Quelque 77 % de la valeur nette du patrimoine d’un ainé provient de la valeur nette de sa propriété, rappelle-t-il. Générer des revenus suffisants avec la portion restante pour une période de 30 ans est irréaliste dans la très grande majorité des cas, dit-il.

Cette diversification des revenus offre aussi l’avantage de prolonger la durée de vie des autres sources de revenus à la retraite. Si cette diversification du portefeuille est suggérée à l’investisseur toujours actif sur le marché du travail, elle est tout aussi valable pour le retraité, note M. Bisaillon. Si la résidence principale est le « bas de laine » des retraités, ils n’y ont accès qu’en le vendant ou en l’hypothéquant. « Vous connaissez des clients qui ont acheté leur maison il y a 25 ou 30 ans pour 70 000 $ et qu’elle vaut aujourd’hui 450 000 $ », dit-il.

Cette valeur prise par les propriétés demeure intangible, car le client ne peut vendre des parties de l’immeuble pour financer ses autres besoins. Pour les clients dont les rentes sont à revenu fixe, les dépenses associées à l’entretien et aux taxes foncières de ce même immeuble peuvent même représenter un fardeau important. 

L’exemple montré par M. Bisaillon montrait le cas d’un couple avec une résidence principale d’une valeur de 1,3 million de dollars (M$) et des actifs totaux de 2,8 M$. On ne parle pas du client moyen, mais même pour ces gens fortunés, l’hypothèque inversée représente une solution intéressante. Dans l’approche classique, ce couple décaisserait les actifs tirés des revenus de retraite, avant de procéder à la vente de l’actif immobilier. L’approche diversifiée soumise par HomEquity réduit le besoin de décaissement. La tranche d’imposition est aussi inférieure. La durée de vie du portefeuille est aussi prolongée.

Les revenus provenant de l’hypothèque inversée peuvent être utilisés de diverse manière pour protéger l’actif de la succession, dont la souscription d’une assurance ou d’une rente viagère, voire une combinaison des deux. Le produit peut aussi servir à financer la transition vers la retraite, lorsque le client désire réduire ses activités ou partir à la retraite à un plus jeune âge. La rente mensuelle temporaire peut être plus élevée durant les premières années, et ensuite on l’ajuste en fonction de l’âge du retraité et de ses besoins.

L’autre utilité de l’hypothèque inversée est de produire rapidement des montants forfaitaires importants pour régler des factures élevées sans avoir à décaisser les actifs de l’épargne retraite : le mariage d’un enfant, une nouvelle voiture, des frais médicaux imprévus, l’impôt foncier d’une résidence secondaire, etc. Pour subvenir à ces évènements ponctuels, des clients sont parfois forcés de vendre des actifs au moment où les marchés sont le moins favorables.

Les gens craignent d’éroder la valeur de leur résidence. « L’emprunt sur l’actif immobilier n’est pas une dette, précise M. Bisaillon. La seule dette, c’est le remboursement de l’intérêt durant la période du prêt. » Lors des échanges, il précise que la durée moyenne du prêt des clients de l’institution est de 12 ans. 

L’hypothèque inversée est offerte aux gens de 55 ans et plus, propriétaires depuis plusieurs années. Le client peut obtenir jusqu’à 50 % de la valeur nette de sa maison. L’argent peut être remis en un versement unique, ce qui est l’option retenue par la plupart des clients, ou être étalé dans le temps. Aucun paiement n’est requis tant que les deux propriétaires possèdent ou habitent la maison. À tout moment, les clients peuvent rembourser en entier le montant emprunté et les intérêts, et ils peuvent aussi payer l’intérêt sur une base mensuelle.