Pour Ian Jeffrey, PDG de la startup Breathe Life, la démarche de développement des jeunes pousses est basée sur le slogan « Bâtir, mesurer et apprendre » (« build, measure and learn »).

Cette démarche prouve la pertinence d’une solution en la développant sur le principe de markéting du produit minimum viable (« minimum viable product », ou MVP), a-t-il affirmé lors du forum Insurtech Québec, tenu au printemps.

Optimiser temps et ressources

« Chez nous, ça prend deux semaines pour développer un outil. Chez le client assureur, ça prend des mois. C’est mieux qu’avant, alors que ça prenait des années », dit-il.

En comprenant plus vite comment les clients réagissent aux changements de l’expérience d’utilisation, des contenus et de la plateforme de l’assureur, la collaboration permet ainsi de mieux suivre la réaction du marché aux produits offerts. En plus, l’assureur a aussi accès à tout ce que les fournisseurs peuvent apprendre en travaillant avec des clients dans divers secteurs, ce qui réduit la longueur de la courbe d’apprentissage.

Ian Jeffrey donne l’exemple du premier client de Breathe Life, un assureur qui avait testé sa propre plateforme numérique pendant six mois. Avec la collaboration de son fournisseur, l’assureur a mis en ligne une nouvelle plateforme depuis la mi-février, avec des itérations toutes les deux ou trois semaines. Comparativement aux résultats obtenus lors du test, les ventes ont augmenté de 23 %, les couts ont été réduits de 66 % au centre d’appels, et 70 % des nouvelles ventes ont été faites directement en mode numérique.

Les jeunes veulent acheter de l’assurance vie

Selon lui, il est faux de prétendre que les plus jeunes générations ne veulent pas acheter d’assurance vie. « Personne ne veut leur parler pour des petites polices », dit-il. Ces clients veulent acheter des couvertures temporaires de 10 ou 20 ans sans examen médical au moment où ça leur convient, et sans avoir à rencontrer de représentant.

« Le temps des conseillers est ainsi mieux utilisé », ajoute Ian Jeffrey. La plateforme de Hublio fonctionne sur ce principe du robot conversationnel (« chatbot ») pour distribuer de l’assurance.

Tirer profit de l'instinct des start-ups

Par ailleurs, les assureurs peuvent aussi tirer profit de l’expérience entrepreneuriale des jeunes pousses. Les entrepreneurs technologiques ont un instinct différent que celui des gestionnaires d’une grande entreprise. « Ils sont habitués à résoudre des problèmes complexes au travers de leur expérience en création de logiciels », explique-t-il.

Ces startups ont ainsi un autre point de vue à l’égard de la qualité de l’expérience d’utilisation d’une plateforme numérique. En jumelant cette expertise à celle des compagnies d’assurance, on arrive plus facilement à améliorer l’expérience client.

En assurance vie, constate M. Jeffrey, les relations sont encore beaucoup basées sur le papier. Ce croisement des données par l’intelligence artificielle permet de préciser les questions, car le consommateur souscrit le produit sans l’aide d’un représentant. La technologie peut aussi contribuer à mieux détecter les risques de fraude, en plus d’appuyer les assureurs dans le développement de produits que les clients réclament.


Quels avantages un assureur peut-il tirer de collaborer avec une assurtech ?

C’est à cette question que répondra le Journal de l’assurance dans son édition d’aout, dans lequel sera publié son premier Guide de la technologie en assurance. Outre cette question, dix enjeux majeurs liés au développement technologique en assurance seront abordés, allant de l’implantation de la bande passante 5G à l’intelligence artificielle, en passant par la robotisation des tâches et le déploiement des objets connectés.

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