Pour la première fois en dix ans, les tiers investisseurs (extérieurs à l’industrie de la [ré]assurance) ont fourni moins de capital au cours de la dernière année. Les pertes records liées aux catastrophes naturelles des deux dernières années et demie sont à blâmer pour ce recul, dit la firme de notation S&P Global Ratings.

Selon des données compilées par Aon, les actifs sous gestion dans le secteur des capitaux alternatifs ont baissé de 4 % au 31 mars de 2019 comparativement à la fin de l’année 2018. Ceux-ci s’élèvent à 91 milliards de dollars américains.

Les tiers investisseurs frileux

La firme remarque que les investisseurs sont frileux d’investir dans le marché ou d’investir davantage dans les titres liés à l’assurance, « ce qui n’est pas étonnant ». C’est que les hausses de primes attendues après les pertes de 2017 ne se sont pas matérialisées au cours des rondes de renouvèlement de 2018, explique la firme.

Par ailleurs, certains contrats sont toujours affectés par des pertes collatérales liées à des récentes catastrophes, « ce qui devrait prendre deux ans pour se dissiper ». Selon Aon, celles-ci s’élèvent à environ 15 milliards de dollars américains.

« Malgré un début d’année 2019 assez bénigne en termes de pertes assurées liées aux catastrophes naturelles, c’est une autre histoire pour les composantes de l’indice. Les principaux responsables de cela sont les risques de pertes futures et les pertes des obligations de catastrophes évaluées à la valeur du marché causées par la hausse des prix des nouvelles émissions », soutient S&P.

Le marché ne manquera pas de capital

Or, S&P croit tout de même que le marché de la réassurance ne manquera pas de sitôt de capital. En effet, la firme soutient que le marché a reçu de nouveaux capitaux, bien que ce soit à un rythme plus lent.

« Nous sommes aussi persuadés que les réassureurs continueront d’intégrer le capital des tiers investisseurs dans leurs stratégies afin de les aider à s’adapter aux défis posés par un environnement hautement concurrentiel », écrivent les auteurs du rapport.

Ils indiquent également que ce type de capital « jouera toujours un rôle important dans les dynamiques concurrentielles du marché mondial de la réassurance et renforcera les capacités ».