En assurance voyage, le marché des Snowbirds demeure incontournable. Pour cause : les retraités migrateurs continuent de voyager et sont très actifs.

« On ressent un véritable dynamisme chez les retraités. Ils sont de plus en plus curieux, observe Pierre Saint-Onge, de Tour+Med. Ils vont à Boston comme à Paris. »

Un constat que partage Robin Ingle, d’Ingle International. « On voit plus de retraités pratiquer des activités qui sortent de l’ordinaire. Certains veulent faire du vélo dans le désert, d’autres veulent gravir des sommets en montagne. Il y a même une compagnie qui permet de visiter des lieux à risque en Irak. »

Selon Emmanuel Reinaud d’etfs, leurs activités ne font pas augmenter la prime. Car, celle-ci est déterminée en fonction des réponses du client au questionnaire médical et de la durée de son voyage. De même, il ajoute que leurs activités ne contribuent pas non plus à la hausse des réclamations. « En général, ils ne prennent pas de risques déraisonnables », constate-t-il.

Le marché des retraités migrateurs est intéressant, car ils sont conscients de la nécessité de se couvrir. De plus, leurs primes sont élevées. « Au niveau des primes, un retraité représente pas moins de quinze étudiants », souligne M. Saint-Onge.

Un phénomène demeure : les voyages des retraités à l’étranger se raccourcissent. « Ils optent depuis quelque temps pour des séjours plus courts, mais plus fréquents. Ils préfèrent partir un mois ou deux, mais le feront deux fois par an », dit M. St-Onge.

Le système de santé américain fait augmenter les primesTous s’accordent pour le dire : le système de santé américain coute cher aux assureurs.« Les couts des soins aux États-Unis sont plus élevés pour les étrangers que pour les nationaux, note Pierre Saint-Onge de Tour-Med. Et Patrick Lavoie de Securiglobe d’ajouter : « Les hôpitaux refilent la facture aux patients internationaux. C’est dû à la réforme américaine de l’assurance santé soutenue par le président Obama. »
Robin Ingle d’Ingle International va même plus loin. Il affirme que les hôpitaux cherchent de l’argent et qu’ils en veulent plus venant d’un Canadien que d’un Américain. Selon lui, certains hôpitaux ne laissent pas le patient quitter les États-Unis, même s’il va bien. Or, une hospitalisation coute très cher. «Cela peut couter 10 000 $ par jour », précise Joanne Parent de TICRésultat : la hausse des couts des soins aux États-Unis a un impact sur les réclamations. Ces dernières coutent de plus en plus cher, fait remarquer M. Lavoie. Cette hausse a aussi des retombées sur les primes : celles-ci augmentent chaque année. « L’année dernière, elles ont augmenté de 10 %. Cette année, il est trop tôt pour estimer la hausse », indique M. Saint-Onge. Pour le reste, l’augmentation des primes dépend de l’expérience des assureurs au cours de l’année précédente.


Parmi les destinations les plus prisées, on compte le Mexique, le Texas et les pays du sud de l’Europe, comme l’Espagne. La Floride arrive aussi dans le peloton de tête. Certaines destinations plus exotiques se distinguent aussi, telles que la Chine et le Japon. Bon nombre de retraités achètent un produit d’assurance à date précise pour une durée précise. « Ils sont couverts durant toute une année, pour un séjour d’une durée maximale de 30 jours », précise M. St-Onge.

Plusieurs retraités ont aussi recours aux services d’un courtier en assurance de dommages pour acheter leur assurance. « Les courtiers en vendent plus qu’avant », assure Robin Ingle, d’Ingle International.

Selon Emmanuel Reinaud, les courtiers d’assurance de dommages auraient plus la cote que les agences de voyage. Joanne Parent de TIC, souligne que la vente de ses produits se fait par un centre d’appel. « C’est pratique pour un courtier d’assurance de dommages, car il peut ainsi garder sa clientèle pour tous ses produits », dit-elle.