L’avenir des régimes de retraite à prestation déterminée semble bouché, comparé à ceux à cotisation déterminée, surtout dans le secteur privé. C’est l’opinion partagée par de nombreux conférenciers congressistes lors du dernier congrès national de l’Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux (ICRA), tenu fin mai à Québec.Dans un régime à prestation déterminée, l’employé sait d’avance quel montant il recevra à la retraite. Dans un régime à cotisation déterminée, sa rente de retraite dépend du rendement que connaîtront ses choix de placement au sein de son régime.

Dans un contexte de dénatalité et de longévité accrue de la population, couplée à la réalité du nombre de retraité en constante augmentation, les régimes de retraite à prestation déterminée se retrouvent désormais avec plus de retraités que de cotisants. En 1970, au Canada, les prestations représentaient en moyenne une fois la paie des entreprises, a-t-on rapporté dans des ateliers. Aujourd’hui, cette moyenne est passée à trois fois. Et dans certaines entreprises, c’est six fois.

Côté solvabilité, on assiste aussi à une détérioration. À la fin des années 90, 70% des régimes sous juridiction fédérale étaient solvables. Aujourd’hui, 75% sont en déficit de solvabilité. Cette situation crée une forte instabilité chez les employeurs privés, qui doivent composer avec des augmentations foudroyantes des coûts de main-d’œuvre liés à la recapitalisation des régimes. De plus, la mobilité de la main-d’œuvre rend ces régimes de moins en moins attrayants chez les jeunes travailleurs. C’est le cas en nouvelles technologies. En conséquence, nombre d’employeurs, surtout chez les PME, ont choisi les régimes à cotisation déterminée.

Des conférenciers se sont dits préoccupés. Ils affirment que si ce phénomène s’amplifie, à terme, la société pourra compter sur deux sortes de citoyens : ceux du domaine public, qui auront des régimes de pension à prestation déterminée, et ceux du privé, qui auront des régimes à cotisation déterminée.

Le congrès de l’ICRA a attiré plus de 1000 personnes dans la Vieille Capitale. Il s’agit d’un succès éclatant selon les organisateurs. L’événement s’est penché sur des sujets comme la répartition et la solvabilité des caisses de retraite, les considérations éthiques en gestion de portefeuille et la sécurité des approvisionnements pétroliers. Le point d’orgue du congrès fut la conférence sur la démocratie actionnariale prononcée par le coloré Yves Michaud, président de l’Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec, précédé par un débat sur les régimes à prestations et à cotisations déterminées mettant notamment en vedette Buzz Hargrove, le président des Travailleurs unis de l’automobile.