Sylvie Paquette dit croire que les assureurs directs s’accapareront les mêmes parts de marché au Canada que celles enlevées aux courtiers du Québec. Elle va toutefois un cran plus loin dans son analyse.

Selon la présidente et chef de l’exploitation de Desjardins Groupe d’assurances générales, la transformation que vit le marché de l’assurance de dommages éliminera les barrières entre les modes de distribution. « Notre décision de quitter le courtage a eu des répercussions sur la composition du marché et sur ce qui était offert aux Québécois. Je considère qu’ils sont mieux servis qu’il y a 25 ans. Ce n’est pas uniquement grâce à Desjardins, mais notre décision a aidé », dit la présidente de DGAG.

Elle souligne que plusieurs banques ont tenté de copier son modèle. « CIBC l’a tenté au milieu des années 1990, avant de nous vendre La Personnelle. RBC et TD ont aussi tenté de reproduire ce modèle. Notre décision a aussi eu des répercussions au Canada. Elle a redéfini l’image de l’assurance au Canada.

Mme Paquette dit toutefois ne pas croire que Desjardins aura le même impact au Canada qu’au Québec. « Il ne faut pas oublier que nous avions une grande force dans les régions rurales, ce que nous n’avons pas en Ontario. La recette ne sera pas la même », dit-elle.

Elle dit croire que les assureurs directs réussiront à s’accaparer les mêmes parts de marché que celles acquises au Québec. « Ce phénomène n’est pas propre au Québec ou au Canada, il est mondial », dit-elle.

Elle ajoute qu’à ce jour, les assureurs sont définis par leurs contraintes, qu’ils soient assureurs à courtage, directs, bancassureurs ou qu’ils travaillent avec des agents exclusifs, et non par  le service qu’ils offrent.

« Le consommateur ne pense pas comme cela. Il veut soit faire affaire par téléphone, en personne ou avec une marque réputée. Cinq ans après notre passage en mode direct, alors que nous avions rompu nos liens avec les courtiers, nos clients nous disaient venir voir leur courtier de Desjardins. On l’entend encore aujourd’hui. Le client veut de l’assurance. Ça veut dire que les réseaux de distribution, tels les courtiers, seront transformés. La notion de courtier ou d’agent n’existera plus. Ils vont tous se fusionner », dit-elle.

Elle souligne que les courtiers sont en profonde transformation. « En assurance des particuliers, on voit des courtiers qui ressemblent de plus en plus à des directs. C’est correct, car c’est le client qui va choisir, en bout de ligne. Toutefois, dans le futur, je ne suis pas sûr qu’on parle beaucoup de la valeur ajoutée du courtier. Ils compteront plus sur les recommandations de leur famille et amis », dit la présidente de DGAG.

Elle ajoute que la notion de courtier ne sera plus aussi claire qu’avant. « Le meilleur exemple à cet égard est Western Financial. Il restera des courtiers, mais avec des nuances. Il ne faut pas avoir peur de dire les vraies choses. Ce n’est pas pour rien que les régulateurs insistent autant sur la divulgation de la concentration des courtiers. »

Nouveau produit pour les animaux domestiques

L’expertise de Western Financial permettra à Desjardins de lancer un nouveau produit pour les animaux domestiques. Ce produit a commencé à être distribué au Canada anglais avec La Personnelle. Le Québec suivra au début de 2013.