En matière de prévention, de détection et d’intervention de la maltraitance financière envers les ainés, les conseillers ont un rôle de « sentinelle » à jouer, a rappelé Frédéric Pérodeau, lors du plus récent Rendez-vous avec l’Autorité.

Celui qui occupe les fonctions de surintendant de l’assistance aux clientèles et de l’encadrement de la distribution pour l’Autorité des marchés financiers a voulu rafraichir la mémoire des conseillers sur comment ils peuvent aider à combattre les abus envers les personnes ainées lors de la conférence intitulée Relever ensemble le défi de mieux préserver la santé financière des ainés, à laquelle le Journal de l’assurance a assisté.

La prévention et la détection

M. Pérodeau a d’abord énuméré les différents indices à surveiller qui pourraient laisser croire qu’un client subit une situation de maltraitance financière. Il a notamment parlé de demandes pressantes ou répétées de transférer des fonds ou d’effectuer des retraits, des demandes de transaction dont la nature ou le montant sont inhabituels ou lorsqu’un tiers méconnu auparavant s’immisce dans la relation entre un client et son conseiller.

Citant des données de diverses études, M. Pérodeau a réitéré que dans 70 % des cas d’abus, les personnes responsables de la situation étaient des proches.

L’intervention est complexe

Le volet intervention est, selon M. Pérodeau, la partie la plus complexe du combat contre la maltraitance financière des ainés. Les conseillers doivent être vigilants à cette étape, puisque les notions de protection des renseignements personnels et de la vie privée, de déontologie, de droit pénal et criminel entrent en cause, explique-t-il.

« On se rend compte que le conseiller qui croit faire face à une situation pareille se pose deux questions : quelles sont les conséquences si je dénonce ? Et quelles sont les conséquences pour moi si je ne dénonce pas ? »

M. Pérodeau a évoqué que l’obtention du consentement de la victime est primordiale, sans quoi le conseiller peut s’exposer à diverses conséquences. « Il est important de respecter le rythme de la personne ainée, de ne pas l’infantiliser. Comme avocat, nous avons l’habitude de vouloir protéger à tout prix et de poser des questions après », a-t-il ajouté. Il prend pour exemple le fait que parfois, la personne qui est responsable de la situation d’abus peut être le seul proche de la personne ainée et que dénoncer mènerait cette dernière à l’isolement social.

Le rôle du régulateur

M. Pérodeau a aussi discuté du rôle que l’Autorité des marchés financiers doit jouer dans la prévention de l’abus financier des personnes ainées. À cet effet, le régulateur participe au plan d’action gouvernement pour combattre la maltraitance, adopté plus tôt cette année. Sur les 52 mesures du plan, 12 concernent les finances et l’Autorité est impliquée dans la réalisation de 10 d’entre elles.

« De façon concrète, cela signifie qu’on a accentué nos démarches d’éducation financière auprès des associations de retraités et de personnes ainées partout au Québec. On a aussi un rôle d’éducation financière auprès de nos clientèles de l’industrie. On s’est engagé à informer les représentants du rôle qu’ils ont à jouer et aussi de leur fournir des outils pour y parvenir », a expliqué M. Pérodeau.

Par ailleurs, l’Autorité indique travailler à la rédaction d’un guide permettant à l’industrie de connaitre les bonnes pratiques en matière de prévention et de détection de la maltraitance, mais également en matière d’intervention. Un aide-mémoire sera ensuite publié pour mieux comprendre les facteurs de risque. Des formations seront aussi données sur le sujet.


Vente par Internet : que préparer ?

Le Rendez-vous de l’Autorité des marchés financiers a aussi été l’hôte d’un panel sur la vente d’assurance par Internet. Les panélistes ont discuté des préparatifs que les intermédiaires de marché devront envisager avant de prendre cette avenue. Ce contenu, qui sera disponible lundi, est réservé aux abonnés de notre newsletters hebdomadaire avec mur payant FlashFinance.ca.

 

 

Vous êtes déjà abonné(e) ? Connectez-vous ici.