Un chercheur associé au Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), Lars Osberg, soutient que, ces derniers temps, le Canada a largement abaissé le niveau d'imposition de ses contribuables les plus riches. En effet, alors que le taux marginal d'imposition moyen, pour le 1% de la population le plus aisé, est aujourd’hui d'environ 46 %, Lars Osberg note qu'entre 1940 et 1980, il se situait plutôt autour de 70%. « Mis à part une très brève période dans les années 1920, les années de 1982 à aujourd’hui se démarquent par un taux marginal d'imposition exceptionnellement bas pour les personnes les plus riches au Canada », conclut-il.

Le document suggère qu'il faudrait porter à 65% le taux marginal d'imposition sur les revenus de plus de 205 000 dollars (ce qui correspond au point limite de la catégorie des 1% les plus riches) pour se rapprocher des données historiques. La hausse du taux d’imposition permettrait par ailleurs de générer entre 15,8 et 19,3 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires, qui, selon l'ACFPC, pourraient être utilisées pour financer l'éducation postsecondaire ou le renouvellement des infrastructures.

En outre, Lars Osberg prétend qu'il n’y a pas assez d’éléments montrant que des taux d'imposition plus élevés entraineraient une fuite des cerveaux ou des créateurs d'emplois.

« Quitter le Canada signifie aussi abandonner les services publics que les impôts financement. Bien que personne n’aime les impôts, ils sont le revers indispensable des dépenses publiques, écrit M. Osberg. Lorsque l'on compare les plaisirs de la vie dans des endroits différents, ce qui importe est l'avantage net. Comme leurs concitoyens, les riches apprécient les choses que l'argent des contribuables permet de financer - comme des routes sans nids de poule, des jolis parcs et des espaces publics sans criminalité -, et ils peuvent se permettre de vivre où ils veulent. »