Le secteur coopératif financier de l’Ontario est loin de se laisser démonter par le projet de réforme réglementaire du gouvernement McGuinty qui lui refuse le droit de vendre de l’assurance dans ses caisses populaires et ses credit unions.Le gouvernement ontarien a rendu public le projet de réforme de sa loi régissant les caisses populaires et d’économie le 16 août dernier. Sa parution survient à la suite des consultations menées, depuis décembre 2005, auprès de nombre d’acteurs de l’industrie financière de la province.

Dans la mouture actuelle du projet, Queen’s Park justifie ce refus par le manque de consensus entre les coopératives financières et l’industrie de l’assurance en Ontario.

Même si le projet de réforme se montre défavorable envers le secteur coopératif financier de l’Ontario, celui-ci fait valoir que sa cause n’est pas encore perdue.

« Ce qui circule est un projet de réforme », fait valoir Lucie Moncion présidente du groupe de travail de la Coalition des caisses populaires et d’économie de l’Ontario. Et elle insiste sur ce mot : « Il s’agit d’un projet. Cela signifie qu’aucune décision finale n’a encore été rendue dans ce dossier », dit-elle.

« Nous sommes encore en plein processus de négociation avec le gouvernement », dit Mme Moncion. « Nous aurons une réponse finale peut-être à l’automne. Mais pour le moment, nous ne pouvons tirer aucune conclusion hâtive quant à l’issue de ce dossier », a-t-elle confié au Journal de l’assurance, au lendemain de la publication du projet de réforme.

La Coalition regroupe quatre associations qui représentent les intérêts des caisses ontariennes dans ce dossier, notamment la Credit Union Central of Ontario, la Fédération des caisses populaires de l’Ontario, The Association of Credit Unions of Ontario et l’Alliance des caisses populaires de l’Ontario, dont Mme Moncion assume la direction générale.

Cette prise de position de l’Ontario rappelle la décision prise plus tôt cette année par le gouvernement fédéral de refuser aux banques canadiennes la permission de vendre des produits d’assurance dans leurs succursales.

Contrairement à la pratique en vigueur au Québec dans les caisses populaires du Mouvement Desjardins, les employés des caisses ontariennes n’ont pas le droit de distribuer directement ou indirectement des produits d’assurance aux consommateurs. La législation actuelle interdit aussi aux caisses de posséder leurs propres filiales d’assurance.

Il s’agit d’une situation que la Coalition souhaite voir changer. Les caisses perçoivent la distribution de produits d’assurance comme une manière de diversifier leurs sources de revenus et de demeurer concurrentielles face aux banques.

De nombreux acteurs de l’industrie de l’assurance contestent tout changement à la législation actuelle pour plusieurs raisons. Le principal motif avancé est que les consommateurs risquent d’être exposés à des pressions indues du personnel de ces institutions, lors de l’achat de certains services bancaires.