Les cabinets de courtage se disent confiants en leur avenir en cette période d'après crise financière. Ils affirment que la crise les a touchés et qu'elle a eu des impacts variables selon les segments d'affaires. Toutefois, ils voient leur avenir d'un bon œil. Le Journal de l'assurance vous présente ainsi le pouls de la situation des cabinets ayant participé au Classement des grands cabinets de courtage d'assurance 2010.Robert Beauchamp, d'Invessa Assurances et services financiers, affirme que son organisation est plus forte que jamais au sortir de la crise. « Nos ventes ont été affectées par la recherche d'économies par les entrepreneurs compte tenu du contexte économique. Toutefois, nos ventes augmenteront, car nous nous adaptons à la réalité de l'économie dans nos stratégies d'affaires », dit-il.

Robert Bournival, de Deslauriers et associés, dit que la crise a eu un effet positif sur son entreprise, car elle lui a permis de valider le bien fondé d'exclure certains secteurs d'activité qui ont souffert financièrement par le passé. « Nous sommes donc moins affectés par ces clients. Nous avons ainsi subi une perte de clientèles moins importante. De plus, avec un système rigide de perception des comptes à recevoir déjà en place et une stratégie pour faire de la croissance organique, nous considérons que nous nous en sortons bien. La prochaine année sera positive pour les ventes», affirme-t-il.

Chez GPL Assurance, le taux de croissance a été supérieur à 10 % de 2008 à 2009. « Nous avons réussi cela grâce à la gestion structurée de notre développement des affaires et grâce à la réalisation par nos clients de la valeur ajoutée de nos services. Nous anticipons une autre bonne année de croissance continue en 2010 », dit Louis-Thomas Labbé.

Chez BFL Canada, les ventes ont été affectées par la crise. «  Il a été plus difficile de réaliser nos objectifs. Le phénomène le plus important que nous avons vécu, et qui était différent de tout autre cycle connu, est que le client mettait dans ses poches les économies de primes et ne l'utilisait pratiquement jamais pour acheter des protections supplémentaires. Nous nous attendons toutefois à ce que nos ventes continuent d'augmenter. Elles le feront grâce à l'ingéniosité de nos professionnels. Toutefois, cela ne sera probablement pas à la hauteur des 15 ou 20 % annuellement que nous avons déjà connus », dit Daniel Binette.

Ginette Mailhot, de La Turquoise, cabinet en assurance de dommages, se dit fière de la manière dont son organisation a passé au travers de la crise. « Les régions du Québec dans lesquelles nous sommes présents ont été parmi celles les moins touchées au Québec, notamment le grand Lanaudière et l'Outaouais. Cet élément, combiné à une équipe engagée, a fait la différence dans nos résultats », dit-elle.

Pour sa part, Joseph Lanzo, de Société d'assurance ELCO, note que l'impact de la crise a été différent selon les segments. « La crise financière a réussi à semer la crainte auprès des assurés. Elle a aussi refroidi les banques prêteuses et les investisseurs dans notre domaine. La majorité des lignes d'affaires ont été affectées, soit à la baisse, soit à la hausse, mais l'impact était assurément segmenté.

Certains produits d'assurance spécialisés ont été épargnés, d'autres ont connu une baisse importante depuis 18 mois, suivis maintenant par une hausse encore plus importante. La pression sur la rentabilité imposée présentement par les assureurs aura un impact positif sur les ventes. Nous espérons donc tous que les meilleures années sont en avant », dit-il.

Chez DPA Assurances, trois éléments ont été améliorés pour permettre de positionner le cabinet en vue de la période suivant la récession. « Nous avons mis un effort supplémentaire pour afficher une meilleure rigueur financière. Nous avons aussi misé davantage sur l'excellence opérationnelle et avons accélérer la mise en place des projets porteurs de croissance. Ces trois éléments nous permettent d'être optimistes pour l'avenir », dit Yvon Pinsonneault.

Gérard Gosselin, d'Assurances G. Gosselin, soutient que la crise n'a aucunement affecté son cabinet. « Nos revenus ont augmenté et avec la relève dans le bureau, nous nous attendons à ce que nos revenus augmentent à chaque année », dit-il.

La situation est semblable chez Specialty Insce Solutions. « Les baisses de ventes n'ont pas affecté notre créneau. Nos revenus vont demeurer sensiblement les mêmes », dit Claude Guy Lapointe.

Yvan Boilard, de Boilard Assurances, dit que la crise a eu peu d'impact à son cabinet. « C'est plus l'agressivité des directs qui limite nos augmentations. J'entrevois tout de même une augmentation d'environ 5 % de notre chiffre d'affaire dans le futur », dit-il.

Pierre-Yves Billette souligne de son côté que les ventes de son cabinet Rochefort Perron Billette n'ont pas été affectées par la crise. « Notre cabinet a connu une belle croissance constante au cours des derniers 36 mois, et ce, autant en volume de primes, en nombre de clients et en rentabilité », dit-il.

Jocelyn Riverin, de Riverin Girard et Associés, dit que les ventes de son cabinet ont augmenté durant la crise et s'attend à ce qu'elles continuent d'augmenter.

Pour sa part, Jocelyn Tessier, d'Assuraction, affirme que les ventes de certains segments ont été affectées par la crise. Il pense toutefois qu'elles vont augmenter en 2010.

Daniel Cernea, d'Assurances HSF-Groulx, dit que son cabinet a subi une réduction de volume durant la crise. « De plus, notre taux de conservation a diminué avec la crise. Nous avons eu 22 % moins de ventes qu'en 2008. Nous nous attendons à ce que nos ventes augmentent avec notre nouveau virage, qui implique une présence accrue sur le Web », dit-il.

Nouveaux cabinets

La crise n'a toutefois pas empêché deux cabinets de voir le jour. Isabelle Chartrand a monté son cabinet Assurances Isabelle Chartrand en pleine crise. Elle affirme avoir réussi à bâtir un volume par ses propres moyens et entend travailler fort pour faire prospérer sa jeune entreprise. Le cabinet Assurance Brière-Thibault & associés a quant lui a vu le jour en octobre dernier. « Nous sommes à développer notre marché. Je crois sincèrement que le client cherche encore la confiance, la stabilité et bien sûr un prix juste. Le courtier se démarquera toujours du direct, car il peut prendre le temps d'écouter son client et lui trouver un marché selon son besoin », affirme Linda Brière.