La compression des marges risque d’exposer le secteur de la réassurance à une plus grande volatilité des revenus et des capitaux, selon un rapport publié récemment par Standard & Poor's.

Selon l’étude, le niveau de capital extrêmement élevé dans le secteur permettra de mieux résister aux événements extrêmes. Sur les 21 réassureurs mondiaux passés au crible, 15 sont en effet susceptibles de maintenir une suffisance de fonds propres d'au moins « BBB » l'année suivant des pertes majeures liées à une catastrophe naturelle exceptionnelle (fréquence d’une fois tous les 250 ans).

Diminution de la demande de couverture d’expositions fortement probables

Cependant, la demande pour la couverture d’expositions fortement probables (un événement tous les 10 ans en moyenne) a diminué et la plupart des réassureurs ont pris des mesures conservatrices, rétrocédant un plus de risque à forte probabilité. Les bénéfices se contractant, l'exposition relative de certains réassureurs à ces événements décennaux a ainsi augmenté.

Par ailleurs, la rentabilité technique se détériore à un degré tel que les réassureurs sont maintenant deux fois plus susceptibles d'échouer à atteindre l'équilibre sur une année civile comme c’était encore le cas en 2012, indique le rapport.

Certains pourraient voir leur position concurrentielle se détériorer

« À notre avis, si les réassureurs font face à une série de catastrophes de taille moyenne, le secteur pourrait ne plus être en mesure de générer des profits », peut-on lire dans le document de Standard & Poor's.

« Les grands gagnants seront ceux qui ont anticipé en prenant des mesures pour améliorer leur rentabilité en dehors du segment des catastrophes naturelles et pour réduire leur exposition aux événements à forte probabilité, prévoit également le rapport. Si la tarification continue de se détériorer et que les pertes reviennent à un niveau plus normal, les joueurs qui ont abordé le risque principalement du point de vue de la solvabilité et qui ont surexposé leurs gains, pourraient voir leur position concurrentielle se détériorer. »