Les automobilistes ontariens ont payé cinq milliards de dollars (G$) de primes en trop en cinq ans, indique un rapport de l’École de commerce Schulich de l’Université York. Le surplus équivaut environ à un excédent de 143 $ par police d’assurance par année.

Le rapport, mené par Fred Lazar, professeur à l’École de commerce Schulich de l’Université York, soutient que les assureurs automobiles de l’Ontario ont réalisé un revenu avant impôt de 1,5 G$ en 2016, soit près de 60 % d’augmentation au cours des quatre dernières années. Il ajoute que le surplus de 5 G$ représente 9,5 % du total des primes versées pendant cette même période.

Écart entre les couts de couverture et les primes

« Cette augmentation est probablement due à un écart grandissant entre les réductions des couts de couverture des sinistres et le cout des primes. En 2011, par exemple, les réclamations moyennes par véhicule ont diminué de 27 %. Les primes, en revanche, ont à peine baissé », explique M. Lazar.

Selon le Groupement des assureurs automobile (GAA), la prime moyenne d’une assurance automobile en Ontario était de 1 437 $ en 2016. En comparaison, la prime moyenne au Québec était de 661 $ au Québec la même année.

Enjeu électoral

À près d’un mois des prochaines élections provinciales ontariennes, l’Ontario Trial Lawyers Association (OTLA), qui a commandité le rapport, conclut que le système d’assurance automobile de l’Ontario doit faire l’objet de débats lors de la campagne électorale. L’association est d’avis que la hausse des primes en conjonction avec les profits « excessifs » des assureurs représente un problème.

« Les résultats du rapport montrent la nécessité de repenser entièrement le système d’assurance automobile de l’Ontario. On voit à quel point notre système est complètement dysfonctionnel », déclare la présidente de l’OTLA, Claire Wilkinson. Elle ajoute que le système ontarien fait plutôt figure de « mauvais exemple » en matière d’assurance automobile.

Les prochaines élections provinciales en Ontario ont lieu le 7 juin.

Un appel à la transparence

L’OTLA réclame une plus grande transparence sur les bénéfices réalisés par l’industrie de l’assurance automobile.

« En augmentant la transparence, le gouvernement et les consommateurs comprendraient mieux les profits que gagnent actuellement les sociétés d’assurance automobile de l’Ontario. Ce serait le premier pas vers un rééquilibrage dans le but d’assurer la justice aux victimes d’accident et l’équité pour les conducteurs », croit Ron Bohm, président désigné de l’OTLA.

En Ontario, l’assureur établit la responsabilité et indemnise l’assuré en partie, mais ce dernier peut également poursuivre un autre conducteur afin d’avoir des compensations supplémentaires. Selon la loi ontarienne, la couverture minimale en responsabilité civile est de 200 000 $.