Le secteur des assurtechs est le deuxième où les investissements ont été les plus importants aux États-Unis en 2018, selon le rapport annuel de S&P Global Market Intelligence sur les fintechs. Un peu plus de 1,8 milliard de dollars américains (G$ US) a été investi dans les technologies en assurance, suivant de près le secteur des paiements.


Les investissements dans les fintechs aux États-Unis par segment en 2018


Deux domaines des assurtechs ont principalement intéressé les investisseurs, soit les cabinets numériques, qui vendent des polices, mais ne les souscrivent pas, et les entreprises qui s’occupent du processus entier d’achat de police d’assurance.

Si la moitié des rondes de financement ont été faites au profit des premières, ce sont les deuxièmes qui ont reçu le plus de capitaux, constate S&P. En effet, neuf compagnies ont amassé plus d’un milliard de dollars américains de financement combiné. « Puisque ces entreprises paient des réclamations, il va de soi qu’elles ont besoin de plus de capitaux que les autres modèles d’affaires », expliquent les auteurs du rapport.

S’allier plutôt que de remplacer

S&P dit ne pas s’attendre à ce que les assurtechs perturbent particulièrement l’industrie de l’assurance, « puisque plusieurs de ces entreprises ont décidé de travailler avec les assureurs traditionnels plutôt que de tenter de les remplacer ».

« Les assureurs sont des investisseurs avides dans les assurtechs, et le modèle d’affaires des cabinets numériques se base beaucoup, pour l’instant du moins, sur des partenariats avec des souscripteurs établis. De plus, nous n’avons vu aucune idée qui est susceptible de changer drastiquement le modèle de distribution de l’assurance », ajoute la firme.

Or, les secteurs qui comptent davantage sur les agents humains sont ceux qui sont le plus à risque d’être perturbés, soulignent les auteurs. Et les assurtechs présentent des innovations dans certains secteurs, dont le design des polices, l’expérience client et l’analyse de données.

« En général, elles créent des applications qui simplifient et accélèrent le processus d’achat, avec des polices qui sont plus adaptées à certaines données démographiques, et elles développent des modèles sophistiqués qui incorporent les plus récentes avancées en science des données. »

Somme toute, S&P croit que l’intérêt des investisseurs envers les assurtechs n’est pas près de s’essouffler. Leur tendance à croitre et à innover comble la soif de croissance des investisseurs, qui supplante celle de rentabilité, afin de faire place aux nouvelles idées, conclut la firme.