Swiss Re s’intéresse depuis quelques semaines aux effets des soubresauts économiques sur l’industrie de l’assurance. Le réassureur souligne cette fois-ci que la croissance de l’industrie est tributaire de celle de l’économie.

« Il y a longtemps que la croissance économique a été identifiée comme étant le principal moteur du développement du marché de l’assurance », affirme Daniel Staib, économiste sénior chez Swiss Re, dans une note du plus récent bulletin Economic Insights. Le Journal de l’assurance en a obtenu copie.

Ce constat est particulièrement vrai pour les assureurs de dommages, dit M. Staib. Il fait remarquer que leur croissance, de 1967 à 1990, a été parallèle à celle de l’économie, à un niveau plus élevé. Depuis 1990, cette croissance est plutôt semblable, souligne-t-il. Elle ignore même les hauts et les bas enregistrés liés à la tarification des primes d’assurance.


Croissance des primes en assurance vie et de dommages


« L’avenir passe par l’innovation »

Même si l’incertitude continue de planer sur l’économie mondiale, ça ne veut pas dire que les assureurs doivent abandonner tout espoir de croissance, dit M. Staib. Ils doivent innover pour réaliser leur plein potentiel en investissant à long terme. Ainsi, ils bâtiront une plus forte résilience, tout en affichant une croissance économique durable.

M. Staib identifie trois vecteurs de croissance pour les assureurs. Tous ont un point commun : l’innovation.

Le premier, couvrir le large écart de couverture dans plusieurs marchés, notamment celui de la mortalité en assurance. Dans plusieurs pays, le taux de personnes ne possédant pas d’assurance vie est notable. « Les assureurs vie se doivent d’innover pour combler cet écart et assurer des personnes qu’ils ne couvraient pas avant », dit-il.

Second vecteur de croissance : assurer les pertes qui ne le sont pas présentement lors de catastrophes naturelles. De nouvelles couvertures d’assurance en découleront, croit Swiss Re, tant pour les entreprises que pour les particuliers.

La troisième piste soulevée par le réassureur a aussi trait à couvrir de besoins qui ne le sont pas, cette fois-ci du côté des risques intangibles auxquelles les entreprises font face. Notamment en ce qui concerne leur réputation, de l’interruption des affaires ou de la perte de données.

40 % des investissements à long terme

Swiss Re publie aussi une autre donnée qui a de quoi surprendre. Le réassureur avance que 40 % des actifs mondiaux investis à long terme appartiennent aux assureurs. Swiss Re évalue cette somme à 80 billions de dollars, soit l’équivalent du PIB mondial.

« Les assureurs ne peuvent penser à atteindre les sommets de croissance du passé. Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas bâtir des entreprises résilientes », dit M. Staib.

Il ajoute qu’avec le soutien de politiques règlementaires et publiques, ceux qui investissent à long terme peuvent mieux absorber les risques du marché et fournir des capitaux aux projets qui génèrent une croissance rentable, notamment dans les infrastructures. « Comme le momentum économique est un déterminant sous-jacent de la croissance des primes d’assurance, un secteur de l’assurance qui fonctionne bien peut aussi contribuer à promouvoir une résilience économique et sociétale. »