Les assureurs directs sont maintenant bien implantés dans le marché de l'assurance aux entreprises du Québec. C'est par l'entremise des PME que les directs soutirent des primes au tandem assureur/courtier.

Desjardins Groupe d'assurances générales (DGAG) est présent en assurance des entreprises depuis 1994 en tant qu'assureur direct. La présence du Mouvement Desjardins en assurance aux entreprises remonte aux années 1950, alors qu'il agissait à titre de courtier sous le nom de NorGroupe. L'assureur possède un volume de primes de 60 M$ en assurance aux entreprises au Québec et 60 000 unités de polices.

Desjardins est surtout présent auprès des PME. L'assureur se spécialise dans les complexes d'habitation en copropriété, les immeubles locatifs, les résidences pour personnes âgées, les commerces de détail et les entreprises de services médicaux et financiers.

Pour sa part, le Groupe Promutuel s'attend à obtenir un volume de primes de 85 M$ en assurance des entreprises d'ici la fin de 2009. Ce chiffre ne comprend toutefois pas l'assurance agricole, où la mutuelle est très présente. Du 85 M$ qu'elle possède en assurance aux entreprises, 37 % vient du courtage, selon l'assureur. C'est d'ailleurs dans ce secteur que l'assureur fait le plus affaire avec des courtiers. En tout, Promutuel a souscrit 45 000 contrats en assurance aux entreprises cette année. L'assureur estime assurer 10 % des entreprises du Québec.

Promutuel se spécialise auprès des entreprises de moins de cinq employés. L'assureur est ainsi présent dans divers créneaux de marchands au détail, tels les fleuristes, les salons de coiffure et les entreprises de services professionnels.

De son côté, La Capitale assurances générales est présente en assurance des entreprises depuis le début des années 1990. L'assureur y possède un volume de primes de 30 M$ et compte 20 000 polices, soit 3 000 de plus qu'à la fin de 2008. La Capitale est surtout présente dans le marché au détail et auprès des propriétaires fonciers.

En mode attaque

Les assureurs directs ne comptent toutefois pas s'arrêter là. Chacun d'entre eux a un plan de croissance en assurance des entreprises.

À La Capitale, l'objectif est d'être dans le top 10 des niches dans lesquelles elle est présente. Michel Talbot, directeur principal assurance aux entreprises, se dit conscient que l'assureur n'atteindra pas cet objectif en deux ans. La Capitale veut tout de même avoir une croissance de 10 % par année en assurance des entreprises dans ses marchés cibles.

« C'est agressif, mais nous pouvons le faire. L'assurance aux entreprises n'est plus considérée comme un marché d'accommodation chez nous. On doit développer ce segment, mais de façon rentable. C'est le mandat que nous avons. On pourrait baisser les primes pour être dominant dans le marché, mais notre survie dans ce secteur serait dans la balance », affirme-t-il.

Chez DGAG, l'assurance aux entreprises demeure une priorité. Elle en est aussi une pour le Mouvement Desjardins, révèle Richard Lavallée, vice-président souscription des opérations au Québec.

« Nous travaillons de plus en plus de concert avec les autres composantes du Mouvement, que ce soit les centres financiers aux entreprises ou les caisses, pour présenter une offre globale au client. Notre but est de combler tous ses besoins financiers et ça comprend l'assurance », dit-il.

DGAG maintient une croissance de 2 % à 3 % par année en assurance aux entreprises depuis trois ans. « On est satisfait de ce résultat dans le contexte actuel. On veut s'assurer que notre volume conserve sa rentabilité. D'ici les trois à cinq prochaines années, nous aimerions toutefois avoir une croissance annuelle qui oscille entre 5 % et 6 % », précise-t-il.

Le Groupe Promutuel travaille aussi à développer sa part de marché en assurance aux entreprises. L'assureur, qui est surtout présent en milieu semi-urbain et rural, évalue la manière de percer en milieu urbain, où il est de plus en plus présent en assurance des particuliers.

« L'assurance aux entreprises représente 15 % de notre volume total. C'est aussi notre segment qui présente le plus bas taux de sinistralité. C'est sûr qu'on veut augmenter notre part. L'assurance automobile et habitation va demeurer notre activité principale, mais nous allons mettre plus d'efforts en entreprises. Nous avons présentement une croissance annuelle de 5 % dans ce segment et on veut maintenir ce rythme », dit Stéphane Noël, directeur, ventes, assurance de dommages.

Espace pour croitre

Michel Talbot, de La Capitale, croit que les assureurs directs ont encore de l'espace pour croitre en assurance des entreprises, et ce, sans empiéter sur le terrain des assureurs spécialisés. « Les Québécois sont de plus en plus habitués à l'assurance directe, ce qui n'est pas le cas dans les autres provinces. Leur auto et leur maison sont assurés avec des assureurs directs. Ils se disent que ça peut être bon pour leur entreprise. Ils testent le marché. C'est une tendance qu'on voit de plus en plus », dit-il.

M. Talbot croit les assureurs directs souscriront des risques d'envergure un jour. Il ajoute toutefois que ce sera dans des risques plus nichés, où le risque pourra être étalé. « Si c'est rentable, on le fera. Je doute toutefois que ça soit un marché si rentable que cela. En ce moment, les assureurs faisant des risques d'envergure se regroupent pour les partager. Dans le petit commercial, la fidélité est plus élevée. Ce n'est pas le cas pour les grands risques. Pour ce type de client, c'est le montant qui est important », fait-il remarquer.

De son côté, DGAG s'apprête à attaquer un nouveau segment de marché, soit celui des garages automobiles. Ce programme sera lancé d'ici la fin novembre.

Richard Lavallée, de DGAG, dit que l'assureur préfère pour le moment ajouter des activités dans les segments où il est déjà présent. C'est d'ailleurs de cette manière que l'assureur attaque depuis deux ans le segment de l'auto au niveau des flottes. DGAG a graduellement ajusté son offre aux transporteurs de bois, aux écoles de conduite et aux déménageurs, entre autres. Dans la même veine, l'assureur a élargi son offre pour les résidences de personnes âgées.

« On développe toujours selon le même mode. Nous voulons offrir le meilleur produit en termes de qualité/prix, mais nous voulons nous assurer que nos gens ont l'expertise nécessaire pour desservir les clients, autant lors de la vente de la police que lors d'un sinistre », dit-il.

Deux autres assureurs directs songent à l'assurance aux entreprises. SSQ Assurances générales dit faire plus de l'accommodation dans ce segment de marché, mais que sa stratégie progresse. L'assureur n'a toutefois pas voulu préciser sa position à cet effet.

Du côté de TD Assurance, la stratégie est différente. L'assureur agit à titre de courtier en assurance des entreprises. L'assureur n'a toutefois pas voulu s'épancher sur sa stratégie dans ce segment.