Recevoir un diagnostic de diabète de type 2 ne doit pas être pris avec détachement. L’Agence de la santé publique du Canada rappelle que l’espérance de vie des personnes atteintes de diabète est réduite d’environ 10 ans chez les 1 à 19 ans et de 5 à 10 ans chez les 20 à 64 ans. Les conséquences d’un diabète mal contrôlé sur la santé physique et mentale sont liées aux complications qui peuvent se développer avec les années et être désastreuses. En voici 8 :

Maladies cardiovasculaires : le diabète triple le risque de mourir d’une maladie du cœur et augmente le risque d’avoir une maladie cardiaque à un jeune âge. Les femmes qui souffrent de diabète sont également exposées à un risque plus élevé de maladies du cœur.

Maladies de l’œil et cécité : Lorsqu’il est mal contrôlé, précise Diabète Québec, un excès de sucre dans le sang fait épaissir et durcir les vaisseaux sanguins qui irriguent l’œil et ils ne peuvent plus accomplir leur travail adéquatement. Le diabète peut entrainer des complications au niveau de la rétine, du cristallin (cataractes), de l’iris (rubéose) et de la pression interne de l’œil (glaucome).

Insuffisance rénale : Les données de 54 pays montrent qu’au moins 80 % des cas d’insuffisance rénale terminale sont dus au diabète, à l’hypertension ou à un ensemble des deux affections. L’insuffisance rénale peut mener à la dialyse. L’incidence de l’insuffisance rénale terminale est jusqu’à 10 fois plus élevée chez les adultes atteints de diabète que les non-diabétiques.

Amputation des membres inférieurs : Le diabète accroit le risque d’amputation des membres inférieurs lié à des ulcérations des pieds qui s’infectent et ne guérissent pas. Les taux d’amputation dans les populations chez lesquelles un diabète a été diagnostiqué sont de 10 à 20 fois plus élevés que chez les non-diabétiques.

La neuropathie : La neuropathie est une atteinte du système nerveux. Lorsque le taux de sucre dans le sang demeure trop élevé sur une longue période de temps, il peut endommager les nerfs, surtout ceux des membres inférieurs.

Complications physiques : le diabète est souvent associé à l’apnée du sommeil, la capsulite, les dysfonctions érectiles, les infections à levure, les infections urinaires et la parodontie.

La dépression : D’après Diabète Canada, la dépression est plus fréquente chez les personnes atteintes du diabète que dans la population en général. Environ 30 % des diabétiques présentent des symptômes de dépression et 10 % d’entre elles souffrent de dépression majeure. Une humeur dépressive entraine un mauvais fonctionnement physique et mental, ce qui complique le traitement de la maladie. On peut alors observer une moins bonne gestion de la glycémie, des problèmes de santé reliés au diabète et une augmentation des couts entourant les soins de santé.

L’hypoglycémie : À court terme, l’un des plus grands risques que court la personne diabétique est l’hypoglycémie. Elle se définit comme une baisse du taux de sucre dans le sang au-dessous de 4 mmol/L, avec ou sans symptômes. Il en existe de trois niveaux, hypoglycémie légère, modérée et sévère. Dans ce dernier cas, la personne peut perdre conscience.

Les principaux facteurs de risque

Le risque de développer le diabète de type 2 est déterminé par un mélange de facteurs génétiques et métaboliques.

Le sexe : les hommes, à cause de leur poids, y sont plus sujets que les femmes.

L’âge : le risque de développer la maladie augmente à mesure que l’on vieillit et elle est plus fréquente la quarantaine passée.

Les antécédents familiaux : Si un diabète de type 2 a été diagnostiqué chez vos parents, votre frère ou votre sœur ou votre enfant, les risques sont plus élevés pour vous.

L’appartenance ethnique : les individus d’origine autochtone, sud-asiatique, asiatique hispanique et africaine sont plus susceptibles de faire du diabète de type 2.

Un surplus de poids : le risque de diabète de type 2 est de 3 à 7 fois plus élevé chez les personnes atteintes d’obésité et jusqu’à 20 fois plus élevé chez les personnes atteintes d’obésité sévère que chez les personnes présentant un poids santé.

Un tour de taille élevé autour de l’abdomen : même s’il est démontré qu’un tour de taille et un indice de masse corporelle supérieur sont associés à un risque accru de diabète de type 2, ce n’est pas vrai pour tous. Cette relation varie selon les populations. Le diabète se déclare à un niveau d’indice de masse corporelle plus faible chez les populations d’Asie du Sud-Est que chez les populations d’origine européenne.

Parmi les autres facteurs facilitant le développement du diabète, notons la sédentarité, le tabagisme, l’hypertension artérielle (pression artérielle élevée), un taux de cholestérol élevé, des glycémies anormalement élevées dans le passé. Pour les femmes, avoir donné naissance à un bébé de plus de 4,1 kg (9 livres) est un facteur de risque.

Habituellement, dit l’Association des maladies du cœur et de l’ACV, les symptômes du diabète de type 1 apparaissent soudainement et s’aggravent rapidement. Les symptômes du diabète de type 2 évoluent plus lentement alors que certaines personnes n’en présentent aucun.

Dans bien des cas, les symptômes du diabète de type 2 sont tellement mineurs qu’ils passent inaperçus pendant plusieurs années. On estime qu’il faut en moyenne sept ans pour qu’un diagnostic soit posé par un médecin. Pendant ce temps, la maladie se développe à l’insu de la personne. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens vivent avec le diabète de type 2 sans s’en apercevoir.

Les habitudes de vie qui peuvent être modifiées

Les facteurs de risque génétiques, ethniques et liés à l’âge ne sont pas modifiables. Par contre, d’autres éléments, comme le surpoids et l’obésité, une mauvaise alimentation, une activité physique insuffisante et le tabagisme peuvent être corrigés moyennant des changements comportementaux et environnementaux, insistent les experts.

Certains affirment que 90 % des cas de diabète et 60 % des complications pourraient être évités si l’on modifiait les facteurs de risque et assurait une meilleure prise en charge de la maladie. Car une fois qu’elle est installée, faire disparaitre la maladie exige des mesures exceptionnelles et il vaut mieux agir en amont, empêcher son développement, que de la combattre une fois acquise.

Le gouvernement canadien émet les recommandations suivantes pour prévenir le diabète de type 2 chez les gens qui ne l’ont pas encore développé :

Maintenir un poids santé

Avoir une alimentation saine, manger de 5 à 10 fruits et légumes par jour, augmenter la consommation de fibres, diminuer celle de gras et de sel, limiter la consommation d’alcool.

Faire de l’exercice physique en faisant au moins 30 minutes d’activités par jour, tous les jours.

Ne pas fumer.

Réduire son stress, gérer sa pression artérielle et ses niveaux de cholestérol et de glucose.


La pandémie du 21e siècle

Fléau. Catastrophe. Pandémie. Les termes les plus alarmants sont utilisés pour décrire l’ampleur qu’a prise le diabète.

En 40 ans, le nombre de diabétiques a quadruplé à travers le monde. En 1980, 108 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus en souffraient. En 2014, ce chiffre est passé à 422 millions. Si rien n’est fait pour enrayer cette progression, les experts prédisent que l’on dépassera les 592 millions de diabétiques d’ici quelques années.

Dans son édition d’aout, le Journal de l’assurance portera son regard sur cette maladie que les assureurs ne peuvent ignorer. Assurez-vous de recevoir ce numéro en vous abonnant ou en renouvelant votre abonnement :