Julie Gelfand, commissaire à l'environnement et au développement durable, a déposé mardi 31 mai trois rapports à la Chambre des communes qui mettent en évidence la nécessité de préparer le pays aux effets des phénomènes météorologiques violents. Deux de ces rapports – Le soutien fédéral à l’appui de l’infrastructure municipale durable et L’atténuation des effets du temps violent – viennent d’ailleurs renforcer certaines conclusions récentes du Bureau d'assurance du Canada (BAC).

« L'industrie de l'assurance croit fermement que le changement climatique est une menace réelle qui représente des coûts pour le gouvernement et les Canadiens, a déclaré Craig Stewart, vice-président, affaires fédérales, du BAC. Ces rapports montrent clairement que le moment de l’action est venu.

Le Canada est insuffisamment préparé

« Nous avons besoin d'une approche made in Canada qui incite les propriétaires de logements à atténuer leurs propres risques, investit dans les infrastructures, et fait en sorte que l'assurance soit disponible et abordable afin de se préparer à des événements météorologiques majeurs qui se produisent plus fréquemment », a ajouté M. Stewart.

En effet, différentes recherches montrent explicitement que les événements météorologiques extrêmes entraînés par les changements climatiques ont augmenté en fréquence et en intensité. De plus, comme indiqué dans les rapports de la commissaire à l'environnement et au développement durable, le Canada est insuffisamment préparé aux dommages que le changement climatique va générer.

Plus de 600 M$ par an

Les coûts annuels des catastrophes dans le monde entier ont quintuplé depuis les années 1980, passant de 25 milliards de dollars (G$) par an dans les années 1980, à 130 G$ par année en 2000. Malheureusement, le Canada n'a pas été à l'abri de ces coûts, les dépenses fédérales de secours aux sinistrés ayant augmenté de 40 M$ en moyenne chaque par année dans les années 1970 à 100 M$ dans les années 1990. Cette décennie, ces dépenses ont atteint plus de 600 M$ par an.

De plus, le BAC vient d'achever la cartographie des risques d'inondation pour les 10 provinces canadiennes, montrant que 19% des ménages du pays sont à risque d'inondation. Sur la base de ces résultats, le BAC estime que la future stratégie climatique du Canada doit inclure un programme d'inondation national.