L’Autorité des marchés financiers a demandé à rencontrer le Regroupement des conseillers de l’industrie financière du Québec (RCF) peu avant les fêtes pour lui faire part de ses préoccupations au sujet du site Conseillerdeconfiance.com, que le RCF devait lancer au début de février. Le régulateur craint que cette initiative présente un groupe de conseillers comme plus conformes que les autres.Le site Conseillersdeconfiance.com est une initiative du RCF pilotée par son responsable des communications, Fabien Major. Les conseillers qui satisfont six critères peuvent adhérer au site et y diffuser leurs coordonnées pour pouvoir être localisés par les utilisateurs. L’accès au site coute au conseiller 149 $. Les membres du RCF bénéficient d’un rabais de 25 $. L’Autorité a rencontré le RCF pour lui faire part de ses préoccupations, qu’elle désigne dans un rapport d’analyse comme les « principaux éléments qui devront faire l’objet d’une analyse ». L’Autorité souhaite en fait s’assurer, notamment, que l’initiative n’entre pas en conflit avec le mandat des organismes d’encadrement en place, qu’elle ne crée pas de confusion pour le consommateur, qu’elle respecte le cadre légal applicable et qu’elle soit réalisable d’un point de vue pratique. Entre autres, le régulateur écrit vouloir éviter qu’un « double standard » se crée au sein des représentants certifiés.

À la suite d’une première rencontre, le RCF a retiré ou modifié certains critères qui chatouillaient le régulateur. Par exemple, il n’est plus obligatoire d’être membre du RCF pour adhérer au site. Or, le malaise demeure, a dit le président du RCF, René Auger, au Journal de l’assurance.

Les préoccupations restent les mêmes aujourd’hui, confirme d’ailleurs le régulateur. « Le RCF est bien au fait de nos inquiétudes et nous avons encore des échanges à venir, qui surviendront dans les meilleurs délais », a indiqué le porte-parole de l’Autorité, Sylvain Théberge, au Journal de l’assurance.

M. Auger se défend de créer un double standard. Sans créer deux classes de conseillers, son site se veut plutôt éducatif, soutient-il. L’initiative vise aussi à faire contrepoids aux réseaux captifs, insiste-t-il.

Interrogé sur le choix du mot « confiance », qui est chargé d’émotion dans le contexte actuel au Québec et qui peut créer l’illusion inverse si on n’y adhère pas, Léon Lemoine, vice-président du RCF, a dénoncé l’exemple de London Life : « Lorsque le réseau de London Life dit «conseiller de rêve», est-ce dire que les autres sont des conseillers de cauchemars? »
L’infolettre expédiée par le site, le 6 février, annonce le début imminent de ses activités. Elle mentionne que les responsables de l’initiative ont rencontré des membres de l’industrie et du public, dont des organismes de règlementation.