Les pertes économiques en lien avec les attaques terroristes sont, depuis quelques années, plus grandes, alors que les victimes sont moins nombreuses et les dommages moins importants, rapporte Marsh dans son rapport 2019 sur le risque lié au terrorisme.

Dans son dernier rapport, Marsh indique que la nature du terrorisme est en train de passer d’attaques à grande échelle contre des biens à des attaques moins sophistiquées, où les assaillants préconisent des armes blanches, des armes à feu et des véhicules, n’ayant souvent aucun lien avec un groupe terroriste en particulier. Une situation qui oblige les professionnels de la gestion des risques à revoir leur stratégie pour protéger adéquatement les biens, les employés et les finances des entreprises.

Le coût économique des attaques terroristes dans le monde représente en moyenne 83 milliards de dollars américains, de 2013 à 2017.

L’assurance terrorisme pourrait créer un déséquilibre

Les réassureurs sont en mesure de pourvoir les risques en lien avec le terrorisme conventionnel. Cependant, l’exposition potentielle à des événements nucléaires, biologiques, chimiques et radiologiques (NBCR) est beaucoup plus grande et entraine presque automatiquement une perte nette pour les réassureurs, car ils ne les couvrent généralement pas.

C’est pourquoi, en 2002, les congrès américains ont créé la Loi sur le programme d’assurance contre les risques terroristes, un système d’indemnisation partagée entre le public et le privé pour certaines pertes assurées résultant d’un acte de terrorisme, qui aide les réassureurs à offrir des couvertures plus étanches. Un règlement qui a encouragé d’autres pays à faire de même.

Si le règlement expire en 2020, ou s’il est renouvelé avec d’importantes augmentations de la rétention, les assureurs qui couvrent le terrorisme et qui ont des réserves inférieures à 300 millions de dollars devront probablement acquérir des capacités supplémentaires sur le marché de la réassurance privée pour protéger leur capital et satisfaire les agences de notation et les régulateurs. De sorte que les primes augmenteront et certains risques seront laissés pour compte. Un soutien fédéral reste donc essentiel pour que le marché de la réassurance privée continue à fournir une couverture pour les zones à haut risque.

La couverture des violences politiques en hausse

La couverture contre la violence politique est en voie de surpasser l’assurance contre le terrorisme aux États-Unis, notamment dû à la montée de l’extrême droite. Toutefois, Marsh prévient que prises individuellement, chacune de ses deux couvertures présente des lacunes et laissent d’une manière ou d’une autre un trou dans la protection des clients.

Les polices qui assurent le risque politique répondent à une série aux actions et à l’instabilité du gouvernement, notamment expropriation d’actifs, abandon forcé, inconvertibilité monétaire, non-paiement et frustration contractuelle.

Marsh ajoute dans son rapport que malgré les protections existantes, de nombreuses entreprises situées dans les zones touchées par des attaques ou à proximité de celle-ci, voit une diminution de leur achalandage au cours d’une période considérable qui les places parfois dans un gouffre financier pour lequel ils ne sont pas assurés. Les secteurs du tourisme et de la vente au détail sont particulièrement exposés aux risques de pertes à la suite d’attaques terroristes puisque c’est souvent ces zones qui sont ciblées.

Amérique du Nord

Les États-Unis sont le pays d’Amérique du Nord où le risque de subir une attaque terroriste est le plus grand. C’est d’ailleurs le pays qui a le plus haut taux d’adhésion à l’assurance terrorisme au monde.

« Les États-Unis enregistrent un taux plus élevé de mortalité et d’arrestation en lien avec le terrorisme local, soit d’Américains qui s’en prennent à leur pays, qu’en lien avec les attaques dirigées par un autre pays », dit l’assistant directeur de la division antiterroriste du Bureau fédéral d’investigation (FBI), Michael c. Mcgarrity.

Les risques de terrorisme au Canada et au Mexique ont été considérablement réduits au cours des cinq dernières années.

Europe

Les deux tiers des attaques terroristes en Europe de l’Ouest entre 2014 et 2018 n’ont pas causé de dommages matériels, selon le réassureur britannique Pool. Ré. Pourtant, plusieurs entreprises ont subi des pertes de revenus importantes en raison de diverses attaques.

Les pertes totales approximatives encourues par les 28 États membres de l’UE en raison d’événements terroristes, de 2004 à 2016, ont été de 180 milliards d’euros. Les opérations de lutte contre l’extrême droite en Europe occidentale ont fortement augmenté en 2017 et 2018.

Asie-Pacifique et Afrique

L’Asie-Pacifique et Afrique sont les deux régions du globe où le risque d’attaques est le plus important et où les groupes terroristes sont les plus nombreux.