L'actif sous gestion des régimes d'accumulation a bondi en 2009, après que ce secteur ait connu une année désastreuse en 2008. Ce saut est surtout attribuable à la reprise des marchés. En contrepartie, les parts de marché des principaux joueurs sont demeurées à peu près inchangées par rapport à l'année précédente.L'actif des principaux assureurs dans le marché des régimes d'accumulation a cru de 21,8 % en 2009, révèle le dernier rapport de Fraser Group, intitulé Pension Universe Report. Fraser Group entend par régime d'accumulation des produits tels que les régimes à cotisations déterminées, les REER collectifs et les régimes à participation différée aux bénéfices. Avec six participants, ce sondage représente environ 90 % de l'actif détenu par les assureurs dans les régimes d'accumulation, estime Ken Fraser, président de la firme de recherche.

Ce bond détonne comparé à 2008, marquée par une baisse de l'actif de 13,4 % dans ces régimes. De plus, il porte à 5,5 % la croissance de l'actif des régimes d'accumulation sur une période de deux ans, indique M. Fraser.

Les assureurs tiennent une part importante de ce secteur. « Selon l'Association canadienne des compagnies d'assurance de personnes (ACCAP), l'industrie de l'assurance gère environ 70 % de tous les régimes d'accumulation », dit M. Fraser.

L'actif des compagnies participantes au Pension Universe Report totalisait 84,4 milliards de dollars (G$) dans les régimes d'accumulation au 31 décembre 2009. Ces actifs se sont répartis entre 31 500 clients (employeurs ou promoteurs de régimes), dont les régimes ont regroupé 4,1 millions de membres en 2009, soit à peu près le même nombre qu'en 2008.

« La croissance de l'actif des régimes en 2009 est essentiellement le résultat d'une reprise des marchés. L'afflux de nouveaux participants au sein de ces régimes a été plutôt faible, soit seulement 1,3 %, comparé à 5,6 % en 2008. C'est sans doute le reflet d'une croissance lente de l'emploi et d'un haut taux de chômage en 2009 », explique M. Fraser.

Joueur numéro un du marché selon le rapport de Fraser, la Financière Sun Life confirme que la croissance du nombre de participants à des régimes d'accumulation a été quasi nulle chez Sun Life. Tom Reid, vice-président principal, régimes collectifs de retraite chez Sun Life, ajoute que les participants existants ont toutefois recommencé à investir dans leur régime. Sur une croissance de 6,9 milliards de dollars (G$) de l'actif dans ses régimes de retraite en 2009, l'assureur estime que 5 G$ proviennent de la reprise des marchés, ce qui laisse près de 2 G$ en ventes nettes.

« Nous avons connu des ventes solides pour tous les fonds offerts dans nos régimes. Elles se répartissent bien dans toutes les régions du pays et présentent un bon équilibre entre REER collectif et régime à cotisations déterminées », révèle M. Reid.

Le Québec sous-représenté dans l’actif des régimes d’accumulation
L’actif détenu en vertu des régimes d’accumulation au Québec ne représentait que 16 % de l’actif total canadien dans ce secteur en 2009. Ce qui se situe substantiellement sous la proportion que représente la population québécoise au Québec.
Deux facteurs ont pu contribuer partiellement à cette distorsion, expose le rapport de Fraser Group : l’actif a été répertorié selon l’emplacement du siège social du promoteur de régime; il manque un assureur québécois important au Pension Universe Report, soit SSQ Vie.
« Malgré ces distorsions, nous concluons tout de même que la part du Québec en termes d’actif dans ces régimes est en deçà de sa part de la population canadienne, soutient Ken Fraser, président de Fraser Group. Soit plusieurs employés québécois participent davantage à des régimes à prestations déterminées, soit plusieurs n’ont de régime avec leur employeur. Ou peut-être les deux. »

Chez Standard Life, c'est 80 % de la croissance de l'actif qui provient de la reprise des marchés. « Cela montre qu'il y a tout de même 20 % d'argent frais en provenance de participants qui suivent leur plan de retraite en cotisant régulièrement chaque année », souligne Claude Leblanc, premier vice-président, régimes de retraite chez Standard Life.

De plus, M. Leblanc note qu'il y a eu peu de terminaison de régimes au Canada malgré la crise, contrairement à ce qui s'est passé aux États-Unis. Au sud de la frontière, plusieurs employeurs ont cessé d'égaler la mise de leurs employés au sein de leur régime collectif. Cette situation ne s'est pas produite au Canada, ajoute-t-il.

Tant mieux, puisque les employeurs qui cotisent au bénéfice de leur employé contribuent à stabiliser l'actif du régime, dit M. Leblanc. L'actif dans les REER collectifs est beaucoup plus stable que celui des REER individuels, observe-t-il, car plusieurs employeurs y cotisent des sommes immobilisées pendant un certain nombre d'années.

En ce qui touche la croissance du nombre de régimes, la progression est moins forte qu'avant la crise, mais demeure soutenue. « Nous avons connu une croissance de 10 % du nombre de régimes chez Standard Life de 2008 à 2009, affirme M. Leblanc. C'est un marché en croissance chez nous, même s'il ne l'est pas autant qu'on le voudrait. »

Parts stables
Au regard du rapport de Fraser, 2009 n'aura pas été une année de grands remous dans les parts de marché. C'est toujours la Financière Sun Life qui domine le marché des régimes de retraite collectifs d'accumulation. L'assureur a accru sa part de 1 % par rapport à 2008. Sun Life a en outre fait croitre son actif de 24,1 % en 2009 par rapport à 2008.

Great-West et Standard Life suivent toujours en deuxième et troisième position, avec des parts toutefois inchangées depuis 2008. Ces deux assureurs ont aussi fait croitre leur actif : Great-West de 24,9 % et Standard Life de 24,5 %.

Financière Manuvie a quant à elle consolidé sa quatrième place en haussant sa part de marché de 1 % entre 2008 et 2009. Elle a aussi fait augmenter son actif de 33,7 % entre 2008 et 2009.

L'Industrielle Alliance et Desjardins Sécurité financière (DSF) ferment la marche du classement de Fraser Group. Ces deux joueurs ont aussi augmenté leur part en 2009, chacun de 1 %. L'Industrielle Alliance a fait croitre son actif de 29,4 % entre 2008 et 2009. DSF a aussi connu une forte croissance de son actif entre 2008 et 2009, soit de 33,3 %.

Certains joueurs semblent ainsi s'être divisé la part d'Investissements Fidelity, qui s'est retiré du marché en 2009. En 2008, Fidelity détenait 3 % du marché des régimes d'accumulation, avec un actif de 2,2 G$. Ce retrait explique que la croissance globale est inférieure à celle des joueurs en présence en 2009.