L’Autorité des marchés financiers s’est déclarée satisfaite de la sentence à l’encontre de Vincent Lacroix. Du côté de la Chambre de la sécurité financière (CSF), on s’inquiète toujours de la perception des consommateurs vis-à-vis l’industrie des services financiers.« Le message envoyé par le juge Claude Leblond est sans équivoque, affirme Jean St-Gelais, PDG de l’Autorité. C’est une percée importante. Cette sentence vient définir les balises qui devront dorénavant être appliquées en matière de crimes économiques. Une étape majeure vient d’être franchie. Les contrevenants doivent rendre compte de leurs actes. Il en va de la crédibilité et de la confiance accordées au secteur financier. »

Le PDG de l’Autorité a aussi rappelé que les crimes économiques étaient graves et dommageables pour les investisseurs, le secteur financier et la société en général. C’est pourquoi les peines doivent être les plus dissuasives possible à son avis.

« Dans une certaine mesure, justice a été rendue. Nous disons aussi aux 9 200 victimes de Vincent Lacroix que nous allons continuer à tout mettre en œuvre pour récupérer le plus rapidement possible le maximum d’argent », ajoute M. St-Gelais. Jusqu’à maintenant, 920 investisseurs ont été partiellement indemnisés, soit 10 % des victimes de Norbourg.

L’Autorité n’a pas commenté la sentence rendue à l’encontre d’André Charbonneau, fondateur de L’Alternative, puisqu’il s’agit d’une sentence criminelle, hors de sa juridiction. Frédéric Alberro, porte-parole de l’Autorité, a cependant affirmé au Journal de l’assurance que « les deux sentences envoient un message clair et sans équivoque que les fraudeurs seront incriminés ».De son côté, Luc Labelle, vice-président exécutif de la Chambre, explique qu’en plus du deuil de milliers d’investisseurs, c’est l’industrie au complet qui a été touchée par le scandale Norbourg, car elle a été discréditée par cette histoire, et ce, depuis sa sortie. « La seule bonne nouvelle ne vient pas atténuer le drame. Le message qu’apportent les deux jugements est que fraude égale prison. Ces peines peuvent donc avoir un effet dissuasif », croit-il.

Selon M. Labelle, les sentences rendues contre Vincent Lacroix et André Charbonneau ne viennent pas changer grand-chose pour la pratique des membres. « Les choses ont changé depuis l’éclatement du scandale Norbourg. Les clients ont posé beaucoup de questions aux représentants pour se sécuriser. La confiance du consommateur a été affectée », rappelle-t-il.

M. Labelle se demande aussi si ces scandales inciteront les consommateurs à se procurer leurs produits financiers par l’entremise d’Internet et par la vente sans représentant. « C’est possiblement préoccupant pour la sécurité du public, », a-t-il confié au Journal de l’assurance.