L’acquisition de La Citadelle a fait bondir de 200 M$ le volume de primes nettes souscrites de AXA Canada en 2006 par rapport à 2005. Les résultats techniques et les revenus de placements de l’assureur sont aussi en hausse, mais le rendement sur l’avoir des actionnaires s’est légèrement détérioré.AXA Canada avait annoncé en décembre 2005 la conclusion d’un accord avec Winterthur Canada Financial Corporation en vue de l’acquisition de son principal actif, La Citadelle Compagnie d’assurances générales.

Un an plus tard, cette transaction s’est reflétée positivement dans le bilan financier de l’assureur. Son volume de primes directes souscrites a grimpé de 1,3 milliard (G$) à 1,5 G$, entre 2005 et 2006.

« Cette hausse est directement attribuable à l’intégration de La Citadelle. Notre croissance résulte aussi en partie de la hausse de 2,2% de notre portefeuille dans nos marchés naturels », explique Jean-François Blais, président et chef de la direction d’AXA Canada.

L’intégration de sa filiale est d’ailleurs sur le point d’être complétée, dit-il. « Nous travaillons à terminer les conversions des polices de juin et de juillet 2006 à aujourd’hui. »

Le rendement de l’avoir des actionnaires est cependant passé de 21,26 % à 19,44 % en un an. « La compagnie a beaucoup cru avec cette acquisition, ce qui s’est reflété sur notre rendement », explique M. Blais.

« Nous avons amélioré nos revenus de placement parce que nous avons injecté davantage d’actifs, qui ont résulté de l’acquisition de La Citadelle, et parce que nous avons obtenu un meilleur rendement sur nos actifs en raison d’une bonne sélection », dit-il.

Les résultats techniques de l’assureur ont bondi au cours de la même période. La société a enregistré une hausse de l’ordre de 45% à ce chapitre, ceux-ci grimpant de 97 M$ en 2005 à 141 M$ en 2006.

« Cela illustre que nous avons la bonne tarification pour le bon risque et le bon règlement de sinistres en conséquence de pertes. Il s’agit des principes fondamentaux du métier d’assureur. Nous nous en sommes d’ailleurs bien acquittés l’année dernière », explique M. Blais.

Il ajoute qu’AXA n’a pas procédé à une révision en profondeur de ses critères de tarification et de souscription. « Nous revoyons nos critères et notre tarification deux fois par année par segment de marché. Il s’agit simplement d’un ajustement routinier », explique-t-il.

Philosophie d’acquisition

À l’instar des plus importants assureurs IARD actifs au pays, AXA Assurances affirme d’ailleurs être en mode acquisition pour relancer sa croissance. Jean-François Blais croit fermement que le marché sera propice au cours des prochaines années pour effectuer d’autres acquisitions.

« Nous recherchons une compagnie de plus de 200 M$ de chiffre d’affaires. Nous voulons nous assurer que nous pouvons avoir une bonne intégration et couvrir les principaux marchés où nous sommes présents ou peu présents en vue de consolider notre position dans le marché », dit-il.

AXA Assurance suit aussi de très près les développements en cours dans le réseau de distribution hors Québec où, contrairement au Québec, la législation ne limite pas le droit de propriété de cabinets par des assureurs à 20%. « Nous sommes également intéressés à acquérir ou à prendre une participation dans des cabinets de courtage, qu’ils soient petits ou gros. Nous n’avons aucune préférence. Nous voulons faire croître nos primes au cours des prochaines années. Nous recherchons des courtiers qui ont le même objectif que nous : développer des cabinets pour y créer le plus de valeur. Peu importe qu’ils génèrent deux, cinq ou 40 M$ de volume. Nous voulons des personnes qui investissent pour le développement de leurs affaires », lance M. Blais.