Malgré un solide exercice des assureurs de personnes américains en 2017, l’agence de notation A.M. Best maintient sa perspective négative du marché pour 2018 en raison d’incertitudes règlementaires et économiques.

Comme au Canada, l’industrie américaine attend avec anxiété les nouvelles règles fiduciaires sur les pratiques de vente. L’incertitude plane aussi sur la règlementation qui entourera le traitement des institutions non bancaires qui représentent un risque systémique.

De plus, l’impact de l’approche par principe de la National Association of Insurance Commissioners (NAIC) demeure incertain, surtout sur fond de réforme fiscale.

Révolution technologique

Des ventes médiocres et la rapide évolution technologique s’invitent également pour ternir la performance de l’industrie, indique l’agence dans sa revue 2017 et sa perspective 2018 en assurance de personnes et rentes aux États-Unis. La modeste croissance des ventes de produits d’assurance vie traditionnelle et le déclin des ventes de rentes individuelles ont poussé les assureurs à concentrer leurs efforts sur des produits qui utilisent la technologie de pointe, et anticipent la future règlementation.

L’agence de notation souligne qu’habituellement lente à s’adapter, l’industrie est allée vite en technologie. Les assureurs devront maintenant consolider les avancées et en imprégner leur culture d’entreprise, notamment par la mise à jour régulière de leur technologie. De plus, ils feront face à la concurrence de firmes externes, plus souples, plus avancées technologiquement, et amplement capitalisées. Enfin, A.M. Best considère que l’industrie a connu un succès mitigé dans l’élimination du papier.

Hausse des taux

La récente hausse des taux à court terme pourrait accentuer la concurrence des certificats de dépôts à l’encontre des produits de rente des assureurs. Les écarts entre taux à court terme et taux à plus long terme sont également à leur plus bas. Les assureurs largement investis dans les placements à long terme liés aux taux d’intérêt pourraient voir ainsi le rendement de leurs portefeuilles en souffrir.

A.M. Best a observé un déplacement marqué des assureurs vers les placements hypothécaires (9,8 % des placements totaux à 11,5 %), alors qu’ils ont réduit la portion en obligations de 74,8 % à 73,1 %. Ils ont aussi diminué leurs placements à court terme, mais augmenté légèrement les investissements en actions.

Atténuer le risque

A.M. Best remarque toutefois que plusieurs assureurs sont parvenus à atténuer le risque de leurs portefeuilles d’investissement, et à se débarrasser de vieux blocs d’affaires de rentes variables, fort gourmands en capital.