La Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages amorce un vaste chantier. Elle sondera les employeurs qui contribuent financièrement à sa mission pour identifier les compétences qu’ils rechercheront chez leurs employés du futur.

Trouver des travailleurs est déjà une tâche ardue en assurance de dommages. En trouver qui seront habiles avec les technologies actuelles et futures sera une autre paire de manches. C’est pourquoi la Coalition amorce cette réflexion maintenant. Non seulement pour permettre à l’industrie de l’assurance de dommages de dénicher les bons talents, mais aussi permettre aux maisons d’enseignement de les former adéquatement.

Robert LaGarde, PDG de la Coalition, a révélé ce projet lors d’une entrevue accordée au Journal de l’assurance. L’organisme y travaillera durant son année 2017-2018. Et cette annonce survient dans la foulée où 2016 a marqué un record de départs à la retraite dans l’industrie.

« Ça correspond au profil démographique. Les cinq à six prochaines années seront intenses à ce niveau. L’industrie a réalisé 2 154 embauches en 2016, se rapprochant du record établi en 2009, qui était de 2 305 embauches. Il faut accompagner nos employeurs dans leurs besoins de main-d’œuvre, tout en complétant nos outils. »

Besoins de recrutement sous-estimés

Un phénomène a aussi marqué la Coalition au cours des dernières années. Tous les deux ans, elle mène un vaste sondage pour mesurer le besoin de main-d’œuvre dans l’industrie. Et depuis trois ans, elle constate que l’industrie sous-estime ses besoins de main-d’œuvre. Pour les trois prochaines années, la Coalition estime que l’industrie aura besoin de pourvoir 5300 emplois pour répondre aux départs, pour la retraite entre autres, et à la croissance de l’industrie.

« Il faut cibler davantage nos stratégies pour répondre aux besoins. Tout le monde court après les jeunes qui sortent des collèges. Il faut prendre en compte qu’au Québec, 17 % des besoins de main-d’œuvre seront comblés par l’immigration. Il faut se positionner. »

La Coalition a posé des gestes en ce sens, contribuant à ce qu’Intact Assurance fasse partie d’une initiative du Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal, chapeauté par la Ville de Montréal et financé par Emploi-Québec. Intact accueillera de nouveaux arrivants qui ont des expériences de travail pertinentes dans leur pays et contribuera à les faire reconnaitre ici en les employant pour une période de temps déterminée.

Outre les jeunes et les immigrants, la Coalition a aussi des stratégies pour intégrer les personnes en réorientation de carrière et les jeunes retraités actifs. Et la Coalition poursuit ses efforts pour s’assurer que les cégeps du Québec répondent à la demande en termes de professionnels certifiés. Aux débuts de la Coalition en 2002, on dénombrait 11 cégeps qui offraient des programmes en assurance de dommages. Quinze ans plus tard, on en dénombre 31, dont 6 qui offrent la formation menant au diplôme d’études collégiales (DEC) Conseil en assurance et services financiers.

La Coalition a aussi établi des partenariats avec plus de 50 organismes à travers le Québec, allant du Regroupement des cabinets de courtage en assurance du Québec (RCCAQ) au Bureau d’assurance du Québec (BAC) en assurance, au Conseil du patronat à Finance Montréal dans le milieu des affaires. M. LaGarde est aussi fier d’avoir recruté le directeur général de Finance Montréal, Louis Lévesque, pour siéger au conseil d’administration de la Coalition.

Voir l’avenir

Avec tous ces gestes posés au fil des ans, la Coalition compte anticiper ce que l’avenir réserve aux employeurs en assurance de dommages. L’organisme souhaite dresser le profil du candidat recherché par les employeurs, ainsi que les aptitudes qu’il devra détenir.

M. LaGarde se dit conscient que l’avènement de la voiture autonome, de l’intelligence artificielle, de la télématique, de l’économie de partage et du Big Data aura un impact sur la souscription. Il souligne que la découverte de nouveaux indicateurs facilitera la tâche des souscripteurs, mais pas nécessairement celle des actuaires.

« C’est une nouvelle réalité pour les employés. Il faudra développer des candidats qui ont de la facilité avec ces technologies, mais aussi en regard des médias sociaux. Les maisons d’enseignement devront adapter leur programme pour tenir compte de ces nouveaux besoins. Elles nous ont assuré qu’elles pouvaient le faire dans un délai de trois à six mois une fois que nous leur aurons exprimé nos besoins. Ces programmes sont d’ailleurs régulièrement mis à jour. »