Pressé par un besoin urgent de liquidités, ING Groep a mis en vente sa participation de 70 % dans ING Canada. De nouveaux actionnaires institutionnels seront connus d’ici peu.ING Canada devait faire connaître sa nouvelle identité le 19 février, après la clôture d'une offre publique de rachat d'actions, survenue après la date de tombée du Journal de l'assurance.

ING Groep ira chercher un peu plus de deux milliards de dollars avec cette vente. L'assureur justifie cette vente par son besoin urgent de liquidités. L'institution se concentrera sur ses activités principales, et l'assurance de dommages n'en fait plus partie. D'ailleurs, l'assureur s'est départi de ses activités IARD au Mexique en les vendant à AXA en juillet 2008.

Vente à rabais

ING Groep a vendu à rabais ses actions d'ING Canada. Dans un premier temps, l'assureur hollandais a vendu des actions d'une valeur totale 850 millions de dollars (M$) à certains investisseurs privés par l'entremise d'un placement privé. Ces actions ont été vendues 25 $ chacune. Lors de l'annonce de la vente, le 3 février, l'action d'ING se transigeait à 33 $.

Par la suite, le reste des actions en circulation a été vendu par l'entremise d'une offre publique, au coût de 26,50 $ l'action. Les autorités réglementaires canadiennes devaient aussi donner leur accord à la transaction. ING Groep estime que la transaction sera complétée d'ici la fin du premier trimestre 2009.

Charles Brindamour, président et chef de la direction d'ING Canada, dit que son entreprise demeure avantagée vu sa position au Canada. « Grâce à notre partenariat avec ING Groep, nous avons construit une organisation de renommée mondiale. À la suite des transactions proposées, une société inscrite au Canada et contrôlée par des intérêts canadiens assumera une position de leadership en assurance IARD pour la première fois dans l'histoire récente.

« Avec nos 6 700 employés et notre expertise, nous avons un avantage substantiel. Nous sommes bien positionnés au sein de nos marchés et profitons d'une solide position. Notre situation financière est solide. Elle bénéficie d'un capital excédentaire et d'aucune dette. Nous sommes impatients de développer nos forces dans le marché », a-t-il déclaré lors de l'annonce de la vente.

ING demeurera présente au Canada par l'entremise de la Banque ING du Canada, mieux connue sous le nom d'ING Direct. A.M. Best a aussi maintenu la cote de crédit d'ING Canada à A+ (supérieure), avec une perspective stable. La firme de notation dit ne pas anticiper des changements significatifs dans la capitalisation et la performance opérationnelle d'ING Canada à la suite de la transaction.

Par ailleurs, ING Groep a annoncé le 26 janvier qu'elle allait supprimer 7 000 emplois à travers le monde. L'assureur a terminé 2008 sur une perte nette d'un milliard d'euros (G€). Pour le quatrième trimestre de 2008, l'assureur enregistre une perte nette de 3,3 G€. Il s'agit du pire trimestre d'ING Groep depuis 50 ans.

De plus, le gouvernement hollandais vient à la rescousse d'ING Groep pour une seconde fois depuis le début de la crise financière. Le gouvernement couvrira 80 % d'actifs toxiques dans lesquels ING Groep a investi. L'assureur demeure à 100 % propriétaire de ses actifs, mais le gouvernement empochera 80 % des profits venant de ceux-ci, si jamais il y en a. Le gouvernement hollandais avait déjà investi 10 G€ dans ING Groep en octobre 2008.

Fin d'année coûteuse

La fin de l'année 2008 a coûté cher à ING Canada. En quatre jours, l'assureur a dû débourser 25 M$ pour couvrir les sinistres causés par des tempêtes aux quatre coins du Canada. Différentes tempêtes ont frappé l'Ouest canadien, l'Ontario, le Québec et les Maritimes du 25 décembre au 29 décembre 2008.

Au quatrième trimestre de 2008, l'assureur a accusé ainsi une perte nette de 64,1 M$. Pour la même période en 2007, ING Canada avait réalisé un bénéfice net de 95,8 M$. Pour son exercice 2008, ING Canada a affiché un bénéfice net de 128,2 M$ comparativement à un bénéfice net de 508,3 M$ en 2007, une baisse de 75 %. Le ratio combiné en 2008 a été de 97,1, comparé à 95,2 en 2007. Le rendement de l'avoir des actionnaires en 2008 a été de 4,4 % comparé à 15,4 % en 2007. Les résultats techniques sont passés de 189,1 M$ en 2007 à 117 M$ en 2008, en baisse de 38 %.