Aucune municipalité québécoise n’a encore accepté d’adhérer à la mise au point de l’outil d’évaluation des risques liés aux infrastructures du Bureau d’assurance du Canada (BAC). Dans le reste du pays, London, Hamilton, Fredericton, Moncton, Bathurst, St-Jean de Terre-Neuve, Winnipeg et Coquitlam ont signifié leur intérêt pour le projet.

L’outil que le BAC construit permettra aux municipalités de mesurer les probabilités de défaillance de leurs infrastructures. Même si aucune ville du Québec n’a encore accepté de participer au projet, le BAC se dit confiant pour la suite des choses. Sorel est toujours pressentie pour participer au projet pilote, a dit Julie Bellemare, conseillère en affaires publiques au BAC, en entrevue au Journal de l’assurance. Les dirigeants du BAC au Québec ont aussi récemment rencontré des dirigeants des villes de Montréal et Sherbrooke, en plus des représentants de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
« On voit qu’il y a un intérêt pour nos données sur les changements climatiques. Nous avons fait la cartographie des risques qu’ils posent et les villes nous ont confié ne pas avoir accès à de telles données. Les villes demeurent toutefois frileuses, car elles craignent le risque de poursuites qui en découlent. C’est un sujet sensible pour elles », dit-elle.
Mme Bellemare ajoute que le BAC a le pressentiment que les municipalités québécoises attendent le feu vert de l’UMQ pour aller de l’avant avec le projet-pilote. Quant au projet à l’extérieur du Québec, il avance bien. Le BAC et les municipalités sélectionnées en sont à la phase du calibrage des données.
Le BAC dit appuyer les demandes de l’UMQ, qui presse le gouvernement du Québec et du Canada d'investir dans la réfection des infrastructures liées à l'eau. L’UMQ a effectué un sondage auprès de municipalités qui représentent plus de la moitié de la population québécoise, qui révèle que l'investissement requis pour les infrastructures liées à l'eau serait de plus de 110 milliards $. Il y est mentionné que les municipalités constatent que 17 % des conduites d'évacuation des eaux usées présentent une dégradation notable ou accélérée, 24 % une usure apparente, tandis que 35 % des conduites de distribution d'eau potable devraient être réhabilitées.