EGI Financial, société de portefeuilles qui détient l’assureur Echelon, est présente dans trois pays et déploie sa stratégie pour y croitre. Le Journal de l’assurance s’est entretenu avec son PDG, Steve Dobronyi, pour mieux la connaitre.EGI souscrit plus de 98 % de ses risques au Canada (171 millions de dollars (M$) sur 175 M$). La grande partie de ce volume est souscrite auprès de courtiers en assurance automobile non-standard. L’assureur a aussi développé des produits de niche en assurance aux entreprises.

Aux États-Unis, EGI souscrit aussi des risques en assurance automobile non-standard dans le sud-est du pays, en Floride et au Texas, par l’entremise de sa filiale American Colonial. EGI possède aussi une filiale au Danemark, en Europe, nommée Qudos, qui développe des programmes pour des niches de marché.

« Les activités de la société de portefeuilles sont gérées depuis Toronto. Ensuite, on confie la gestion des filiales localement. Toutes les activités d’Echelon sont gérées depuis Toronto, sauf celles du Québec, qui sont gérées depuis nos bureaux de Montréal et Laval. Il serait inconcevable de gérer nos affaires au Québec ou en Europe depuis Toronto », dit M. Dobronyi.

Il estime qu’EGI possède un marché mature au Canada et que la plus grande partie de sa croissance proviendra des États-Unis. Pour croitre au Canada, l’assureur a lancé de nouveaux produits, telle une assurance pour les motocyclistes.

Aux États-Unis, M. Dobronyi estime qu’EGI peut aller chercher une croissance annuelle allant de 5 % à 8 %. Il précise toutefois qu’elle est difficile à estimer, car l’assureur y a débuté ses activités il y a quelques mois.

Il ajoute que le marché automobile non-standard américain est différent du marché canadien. Chez nos voisins du Sud, les personnes n’ayant pas suffisamment d’argent pour s’assurer auprès d’un assureur traditionnel sont incluses dans le marché sous-standard. Ce sont souvent des personnes qui viennent d’arriver au pays, précise M. Dobronyi.

Quant au Danemark, c’est la notion de courtage même qui est différente. EGI y fait affaire avec des courtiers, mais ceux-ci ressemblent plus aux grossistes canadiens, vu leurs aptitudes en administration.

En 2011, EGI a enregistré un bénéfice net de 7,5 M$, une amélioration de 81 % par rapport aux 4 M$ dégagés en 2010. Aussi, l’assureur a dégagé un profit technique d’un demi-million de dollars en 2011. En 2010, l’assureur avait essuyé une perte technique de 10 M$. Le ratio combiné d’EGI s’est établi à 99,6 % en 2011, comparativement à 105,7 % en 2010.

« Au Canada, nous avons atteint notre cible de profits pour la première fois en 2011. Nos investissements dans notre nouvelle entité aux États-Unis font toutefois en sorte que nos dépenses sont plus élevées », dit M. Dobronyi.

Les problèmes que vivent les assureurs dans le marché automobile ontarien affectent aussi Echelon. M. Dobronyi ajoute que le marché non-standard n’est pas plus protégé de ces problèmes que le marché régulier.

« Nous sommes en mesure de réagir plus rapidement que les gros joueurs. On peut régler le problème à notre façon plus facilement qu’ils peuvent le faire. D’ailleurs, les actions de gestion que nous avons prises le reflètent. Nous sommes plus méfiants envers les affaires qui nous proviennent de la grande région métropolitaine de l’Ontario que nous l’étions avant », dit-il.

Au Québec, le défi d’Echelon est plutôt de conserver son marché, étant donné que le marché québécois est rentable. L’assureur y possède un volume de primes de 11 M$. « Le marché québécois est à la fois meilleur pour les consommateurs et pour les assureurs. En plus de notre produit d’assurance moto, nous voulons aussi y développer une niche pour les petites flottes automobiles en assurance aux entreprises », dit M. Dobronyi.

Le PDG d’EGI se dit ouvert à réaliser des acquisitions. La société de portefeuille vient d’ailleurs d’acquérir un grossiste en Colombie-Britannique. EGI ne réalisera toutefois pas une acquisition à n’importe quel prix. La compagnie a ses critères et le prix doit être juste. « Nous sommes toujours à l’affut, mais nous considérons qu’il y a moins d’occasions dans le marché canadien. On ne regarde toutefois pas en Europe, car nous y possédons une solide opération pour démarrer nos affaires. Bien qu’il y ait eu quelques occasions au Canada, nous jugeons que c’est aux États-Unis que l’action est plus intéressante », dit M. Dobronyi.

Ce dernier a aussi réitéré son engagement envers le courtage, sans toutefois cacher qu’il se questionne sur la perte continue de parts de marché des courtiers. « Pour un petit assureur comme nous, il est bien de travailler avec des courtiers. S’ils vendent, tu les rémunères. S’ils ne vendent pas, tu ne débourses rien. On regarde toutefois le futur pour voir comment investir et aussi voir si d’autres canaux peuvent soutenir notre réseau de courtage que nous avons », dit-il.