Après une année 2007 solide, Desjardins Sécurité financière (DSF) a vu la turbulence des marchés et la crise de liquidité du papier commercial affecter ses bénéfices au premier trimestre de 2008.L’assureur de Lévis a annoncé un recul de 27,1% de son bénéfice net au premier trimestre 2008 qui a atteint 36,3 M$ comparativement à 49,8 M$ en 2007. Ce recul est dû à une dévaluation de son actif sous gestion en PCAA au premier trimestre 2008. DSF avait dû dévaluer 17 M$ au dernier trimestre de 2007.

Ce premier trimestre 2008 a toutefois vu les ventes croître pour atteindre 618,1 M$ comparativement à 553,4 M$ en 2007. Ce même trimestre a produit un rendement sur l’avoir de l’actionnaire de 21,5 % inchangé par rapport à la période précédente. Une excellente performance dans les circonstances, a affirmé Richard Fortier, président et chef de l’exploitation de DSF. « Nous n’avons pas encore eu les résultats de toutes les compagnies membres du Mouvement Desjardins mais à 21,5 %, si nous ne sommes pas les premiers, nous ne sommes pas loin. »

M. Fortier ne se hasarde pas à prédire s’il y aura ou non d’autres dévaluations de tels actifs cette année. « La crise actuelle n’affecte en rien la qualité de l’actif sous-jacent aux PCAA. C’est leur liquidité qui est en cause. Nous les dévaluons selon la turbulence que nous observons sur les marchés financiers. »

Le jugement sur la proposition Crawford, censée relancer le PCAA en le convertissant en titres de dette à long terme, n’était pas survenu au moment de l’entrevue. Le juge approuvait cette proposition de restructuration du PCAA le 5 juin dernier.

En 2007, DSF a terminé son exercice en croissance tant en termes de revenus que de bénéfices. Le bénéfice net a bondi de 43% comparativement à celui de 2006 pour atteindre 216,7M$.

Le revenu de primes et de rentes a enregistré une hausse de 5,6 % en 2007 pour s’établir à 2,6 G$ comparativement à 2,4 G$ en 2006.

Le rendement sur l’avoir des actionnaires a atteint 27,5% comparativement à 20,7 % en 2006.

M. Fortier attribue ces résultats de 2007 et le rendement sur l’avoir au premier trimestre aux efforts de vente et au contrôle des coûts. « En assurance collective, par exemple, le coût unitaire a diminué de 6% en 2007 par rapport à 2006. »

L’assurance collective connaît une forte croissance, ce qui rend d’autant plus difficile la réduction du coût unitaire, se félicite M. Fortier. Parmi de récents coups d’éclats, DSF a décroché un contrat en Alberta à la fin du mois de mai : un groupe de 15M$ de primes. En contrepartie, DSF devra combattre pour conserver son contrat d’assurance collective envers la Ville de Montréal, partie en appel d’offres. « Nous présenterons une offre très alléchante », promet M. Fortier.

La croissance des primes d’assurance vie individuelle se poursuit également. « Nous continuons d’investir en vertu de notre plan triennal pour augmenter notre capacité de distribution. Nous observons un regain des ventes au Québec, où nous avons atteint des objectifs de budget ambitieux que nous n’avions pas atteints depuis longtemps. »

Enfin, M. Fortier note une popularité plus grande des certificats de dépôts que des produits indiciels, en raison des conditions du marché. Les fonds distincts avec garanties de retrait minimum profitent toutefois du besoin de sécurité : le récent Hélios a engrangé 50M$ d’actif au premier trimestre.

Quelques faits à noter en 2007 : les ventes d’assurance vie individuelle à l’extérieur du Québec ont connu une croissance de 42 %; le nombre de contrats émis en assurance vie dans le réseau des caisses par le biais des conseillers attitrés a atteint le cap des 100 000; ouverture de quatre nouveaux centres financiers du Réseau indépendant en Nouvelle-Écosse, en Ontario et en Colombie-Britannique.