La croissance des primes s’est poursuivie en assurance collective au Canada en 2007. Derrière des parts de marché qui bougent peu se cache en effet une croissance soutenue depuis cinq ans. Les revenus de l’assurance collective au Canada proviennent surtout des couvertures médicales et le marché demeure dominé par trois joueurs.Selon le dernier Group Universe Report de la firme d’analyse en assurance collective Fraser Group, l’industrie a tiré un revenu de 27,2 milliards de dollars (G$) de ses activités en assurance collective au Canada en 2007. Ces revenus ont crû de 7,0 % en 2007 par rapport à 2006.

Le trio dominant maintient son emprise au Canada avec plus des deux tiers du marché.

On observe d’ailleurs peu de variation dans les parts de marché des 10 premiers joueurs. Alors que Great West continue de trôner au sommet, Sun Life a pris le pas sur Manuvie au deuxième rang du classement dans une lutte très serrée depuis quelques années. Les deux principaux joueurs québécois, Desjardins Sécurité financière et SSQ Vie, ont légèrement consolidé leur emprise.

La croissance de 7,0 % entre 2006 et 2007 se compare avantageusement avec celle de 6,4 % réalisée entre 2005 et 2006. Cinq ans plus tôt, soit entre 2003 et 2004, elle avait été de 4,8 %.

Plus de la moitié des revenus réalisés en assurance collective au Canada en 2007 proviennent de l’Ontario (53 %), le Québec a généré 18 %, tandis que les autres provinces se partagent les 29 % restants.

Ce sont les grandes entreprises qui récoltent la plus grande part des revenus d’assurance collective réalisés au Canada en 2007, soit 62 %.

Du côté des différents volets des régimes, les couvertures pour soins médicaux prennent la part du lion, avec 45 % des revenus. Les soins dentaires et l’invalidité de longue durée suivent avec respectivement 23 % et 17 % des revenus réalisés en 2007.

Ken Fraser, de Fraser Group, croit que les principaux facteurs de croissance en collectif sont l’augmentation des coûts de santé et de la force de travail. « Seule une petite part de la croissance vient des nouvelles ventes. »

Outre cette inflation naturelle, il est très dur d’accroître ses parts de marché en assurance collective, un marché considéré par les principaux joueurs comme saturé. « Dans un marché de 28 milliards$ de primes, accroître sa prime de 1 % veut dire vendre 28 millions$ de nouvelles primes », explique Jean Guay, de Standard Life.

Nous avons connu une très bonne année 2007 avec une croissance des ventes de 25 % par rapport à 2006, et 2008 s’annonce encore meilleure, révèle par ailleurs M. Guay, vice-président principal, assurances collectives chez Standard Life.

La hausse des salaires et des coûts des médicaments représente 7 % de la hausse de 2007, précise M. Guay. Le reste est plutôt attribuable à de nouvelles ventes, dont la majorité sont survenues à la suite de transferts. « L’assurance collective est une industrie de remplacement », rappelle-t-il.

Il observe que les parts de marché sont sensiblement les mêmes depuis longtemps. La part du top 3 actuel, rappelle-t-il, est issue de la fusion de 13 assureurs qui totalisaient à peu près la même part au milieu des années 90.

Au Québec, l’année 2007 a été celle où DSF a réussi à distancer son rival de longue date en assurance collective, SSQ.

Mais c’est hors-Québec qu’elle a réussi ses plus gros coups, grâce à de lucratifs contrats conclus en 2007.

« Nous avons arraché le régime de Ontario Hospital Association et ses 175 hôpitaux pour une prime annuelle d’environ 80 M$. Nous avons aussi eu les employés de Métro Ontario (marchés d’alimentation) pour une prime de 20M$ », confie André Simard, de DSF.

Or, c’est le genre de situation qui peut se retourner rapidement. Chez SSQ, Johanne Goulet rappelle que l’assureur de Québec a ravi en 2008 le groupe des employés de la Ville de Montréal à Desjardins Sécurité financière, pour une prime totale de 43 M$. Un écart de plus de 85 M$ se creusera donc entre les deux assureurs en faveur de SSQ, dès le 1er janvier 2009, avance Mme Goulet.