Une pratique des assureurs à courtage commence à déranger certains courtiers, qui voient leurs commissions de contingence être diminuées à cause de celle-ci. Le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) se dit aussi préoccupé par le sujet.Des assureurs ont revu, au cours des dernières années, le processus de bonification des commissions de contingence versées aux courtiers. Dans certains cas, si un courtier n’a pas renouvelé un certain pourcentage de son volume, il peut perdre une partie de sa commission de contingence liée au renouvèlement de ses affaires.

« Certains assureurs ont intégré cette pratique dans leurs processus de bonification il y a quatre ans. Mais certains courtiers commencent à en ressentir les effets pervers. Intact Assurance avait adopté cette pratique à la suite de l’acquisition des affaires d’AXA pour conserver son volume. Nous sommes toutefois préoccupés par ce que les assureurs exigent désormais », dit Jean Bilodeau, président du conseil d’administration du RCCAQ.

Il stipule que cette pratique va à l’encontre du libre choix du courtier, mais aussi du conseil qu’il doit prodiguer. « Dans certains cas, si le courtier renouvèle moins de 95 % de son volume, il est touché sur sa commission de renouvèlement. Ça le met dans une drôle de position », dit M. Bilodeau.

Le président du RCCAQ faut aussi remarquer qu’un courtier peut être touché par cette décision bien malgré lui. « Si un assureur se retire d’un marché, le courtier n’a plus le contrôle sur son taux de maintien. On a même vu des courtiers demander à leurs équipes de pousser la vente des produits d’un assureur donné pour éviter que la commission de renouvèlement soit pénalisée. Il y a même des volumes qui se sont transférés à cause de cela », dit-il.

M. Bilodeau dit partager cette préoccupation avec l’Autorité des marchés financiers, qui a été sensibilisée sur la question. « Nous lui avons démontré le danger de cette pratique. On croit qu’il faut établir des règles. Le reste de la bonification est correcte, notamment en ce qui concerne l’expérience de sinistre. Tout cela permet une meilleure souscription. C’est vraiment le taux de maintien qui pose problème », dit-il.