Les résultats techniques de Co-operators ont littéralement plongé entre 2005 et 2006, passant de 32,4 M$ à 3,3 M$. Le bénéfice net a écopé et le rendement de l’avoir des actionnaires a suivi à la baisse.Cette chute est attribuable en grande partie à la négligence dont avoue avoir fait preuve l’assureur dans le segment de l’assurance habitation, et ce, au cours de ces deux dernières années, reconnaît Katherine Bardswick, présidente et chef de la direction. L’assureur promet néanmoins de corriger la situation dès cette année.

« L’année 2006 a été difficile dans notre segment de l’assurance habitation », avance Mme Bardswick. « En général, nous aurions dû accorder une plus grande attention à notre tarification, aux risques et à la croissance des affaires dans ce secteur », dit-elle.

Il s’agit de la seconde baisse marquée des résultats techniques de Co-operators. Entre 2004 et 2005, la société avait vu ses profits techniques chuter de plus de la moitié, ceux-ci passant de 86,9 M$ à 32,4 M$. Le rendement sur l’avoir des actionnaires a baissé de 15,23% en 2005 à 12,0% en 2006. Mme Bardswick affirme néanmoins ne pas s’en inquiéter outre mesure, tant et aussi longtemps que la société gardera la tête au dessus du rendement actuel.

Les revenus de placement de la société, qui ont par ailleurs fait un bond de 164,0 M$ à 188,5 M$, ont permis de ralentir la baisse des bénéfices en 2006.

« Notre problème a été plus général qu’un simple manque de discipline en termes de tarification, admet Mme Bardswick. Il s’agit d’un ensemble de facteurs : nous n’avons pas été à l’affût des tendances du marché de l’assurance habitation comme nous aurions dû le faire. Nous avons aussi tardé à réagir aux tendances et aux changements anticipés dans ce marché. Nous avons été très disciplinés dans certains secteurs, mais moins dans d’autres. Nous avons simplement manqué de vigilance », dit-elle.

Selon Mme Bardswick, Co-operators affirme s’être laissé distraire de son portefeuille d’assurance habitation par celui de l’assurance auto, dans lequel les primes n’ont cessé de décroître, depuis les deux dernières années, sous l’impulsion des réformes dans certaines provinces.

Les gouvernements de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de l’Alberta, notamment, ont en effet donné en 2004 le coup d’envoi à une série de réformes. Celles-ci visaient à contrôler la hausse effrénée des coûts des réclamations résultant des dommages corporels en imposant un plafond aux montants des réclamations faites par les assurés. En contrepartie, les assureurs devaient accepter de réduire les primes en assurance auto.

Des assureurs avaient en effet réagi à l’augmentation, en nombre et en sévérité, des réclamations faites par les assurés par une hausse de primes, ce qui a suscité la grogne des assurés. Cette baisse de primes continuera à stigmatiser le créneau en assurance auto au cours de la prochaine année, croit Mme Bardswick.

Le premier trimestre 2007 s’en est d’ailleurs déjà ressenti. « Le nombre de réclamations automobiles était à la hausse, tandis que la prime moyenne a continué de diminuer en raison des baisses des taux observées dans la plupart des régions du pays depuis deux ans », a fait savoir la présidente.

Les primes directes souscrites au premier trimestre 2007 ont totalisé 423 M$, une baisse de 1,3% par rapport aux 428 M$ souscrits au premier trimestre de 2006.

En dépit de ses difficultés, l’assureur a enregistré une hausse de 100 M$ de son volume de primes directes souscrites en 2006 par rapport à 2005. Le volume est passé de 1,9 G$ à 2,0G$.

La société affirme avoir haussé de 5% le nombre de clients dans l’ensemble de ses gammes d’affaires, grâce à une capacité accrue de ses pratiques de rétention.