Aviva Canada vient de procéder à une réorganisation d’envergure avec deux objectifs : accroître ses ventes et son efficacité opérationnelle. Les courtiers doivent ainsi s’attendre à plus de support et de présence d’Aviva, soutient l’assureur. De plus, pour croître au Québec, Aviva lancera une offensive dans les régions.C’est ce qu’ont expliqué Robin Spencer, président et chef de la direction d’Aviva Canada, et Patricia St-Jean, vice-présidente principale pour la région du Québec, en entrevue au Journal de l’assurance.

Aviva crée aussi des « centres d’excellence » dans ses bureaux qui regrouperont ses experts répartis au sein de ses filiales. Ses nouvelles équipes pourront se concentrer sur la tarification, la souscription, le marketing, les communications et les relations avec le gouvernement.

Robin Spencer souligne aussi que les courtiers sentiront plus la présence d’Aviva dans leur cabinet. « Historiquement, nous ne nous sommes jamais présentés en une seule voix forte, et c’est particulièrement vrai au Québec. Nous n’avons pas été à l’avant-garde en solutions de produits. Avec les centres d’excellence, nous allons travailler avec les courtiers pour être sûrs que nous avons une tarification adéquate. Nous devrons aussi nous assurer que nos produits seront à l’avant-garde », fait-il valoir.

Aviva entend ainsi aller au meilleur prix possible dès la tarification, mais se défend de vouloir lancer une guerre de prix au Québec.

« C’est une philosophie différente, mais ça permettra aux courtiers de faire affaire avec nous plus souvent. Il y aura cependant des gagnants et des perdants. C’est un risque, mais ça permettra aux courtiers de gagner un client plus souvent à un prix qui est plus approprié dans le contexte de compétition actuel au Québec. Ça leur permettra aussi d’avoir les meilleurs clients et les meilleurs risques », affirme M. Spencer.

Support aux courtiers

Aviva entend aussi supporter les courtiers au niveau de la technologie. « Nous sommes très conscients que les assureurs directs ont une grosse partie du marché au Québec. En tant qu’assureur, nous devons soutenir les courtiers en leur donnant des solutions à ce niveau, pour leur permettre d’être compétitifs dans leurs points de vente et pour servir les consommateurs au moins aussi bien que ce que les directs font », souligne M. Spencer.

Pour poursuivre sa croissance au Québec, Aviva entend augmenter sa pénétration dans les régions et mettre plus d’emphase sur les produits de sa filiale Élite, au niveau des véhicules récréatifs. M. Spencer dit aussi avoir une bonne croissance pour Traders en assurance groupe.

Dans ce contexte, Aviva triplera le nombre de ses conseillers sur la route, qui seront désormais 30. Le recrutement pour ces postes se fait actuellement autant à l’interne qu’à l’externe de la compagnie. Deux nouveaux vice-présidents adjoints au développement des affaires ont ainsi été nommés. Natalie Ayotte et Claude Leboeuf se diviseront le territoire du Québec pour aider les courtiers. Lucie Fréchette s’occupera quant à elle des plus gros courtiers qui traitent avec Élite et Traders.Au Québec, le premier centre d’excellence mis en place sera le Centre de solution aux courtiers. « Cette année, avec toute la publicité et la pression des directs, les courtiers nous demandent de les aider en ce sens. C’est pour ça qu’on aura plus de conseillers sur la route. Nous pousserons notre coffre à outils pour mousser les ventes des courtiers. Les gens sur la route seront en première ligne. Les gens du Centre serviront de back-office pour traiter les exceptions », explique Mme St-Jean.

Elle révèle aussi que les courtiers obtiendront une autorité accrue en matière de souscription en assurance aux particuliers le 31 mars, date à laquelle tous ces changements prendront effet au Québec.

« Le courtier pourra ainsi donner une réponse immédiate au client pour qu’il puisse vraiment se battre avec les directs. Nous voulons augmenter notre « pass through rate », c’est-à-dire le nombre de transactions que le courtier commence et termine immédiatement. Tous les appels qui ne pourront être réglés au niveau de l’exception de souscription vont passer par le Centre », précise Mme St-Jean.

Des changements seront aussi faits au niveau de la communication avec les courtiers. « Nous étions forts pour envoyer des mémos, des changements de produits et de la formation. Maintenant, si une personne en assurance des particuliers quitte le cabinet du courtier, nous pourrons lui envoyer quelqu’un immédiatement pour l’aider au lieu d’attendre quelques semaines », souligne Mme St-Jean.