La nouvelle bannière IARD Assurancia compte miser sur le développement des affaires lorsqu’elle lancera ses opérations à l’automne. Pour que des cabinets en soient membres, la bannière leur demande d’en être actionnaires. Assurancia entend développer le marché des petites entreprises comme créneau principal.
C’est ce qu’ont révélé Claude Brosseau, président d’Assurancia, et Karine Beaudoin, directrice générale de la bannière, en entrevue au Journal de l’assurance. Ils ont fait le point sur la création de la bannière, qui a été formée au début de mars. Sa formation est survenue avec le départ d’une douzaine de cabinets de la bannière AssurExperts.

Assurancia vise à lancer ses activités au prochain congrès du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec, en novembre. Assurancia comptera onze cabinets à ses débuts, pour 25 points de ventes. Elle aura un volume de primes de 76 M$.

M. Brosseau croit qu’il y a de la place pour une autre bannière au Québec. Assurancia ne se lancera pas dans le regroupement (poolage) de marchés, mais mettra l’accent sur la formation et la gestion de cabinets, en faisant appel par exemple à des programmes de meilleures pratiques d’affaires. Ainsi, la bannière a signé une entente avec Emploi-Québec qui analysera la gestion des cabinets pour éviter qu’ils fassent du dédoublement de tâches.

Assurancia misera sur quatre valeurs pour recruter des cabinets : l’intégrité, la transparence, l’échange et l’unité. « On y comparera nos bilans, nos états financiers, nos ratios et les salaires de nos employés. Nous pourrons comparer ce que font les assureurs d’une région à l’autre au niveau de la tarification. On mettra tout sur la table », dit M. Brosseau.

Pour ne pas se nuire les uns les autres, les cabinets œuvreront dans des régions distinctes. Seules quatre régions administratives ne sont pas représentées dans le moment : l’Abitibi, le Saguenay, la Côte-Nord et le Bas-St-Laurent, dans les environs de Rimouski. M. Brosseau dit avoir reçu des appels de courtiers dans ces régions intéressés à joindre la bannière.

Assurancia a commencé à rencontrer des assureurs. Aucune entente n’a encore été signée, mais les dirigeants d’Assurancia disent avoir rencontré tous les assureurs présents au Québec pour leur montrer leur plan d’affaires et leur plan stratégique sur trois ans. Assurancia décidera en 2009 avec quels assureurs elle fera affaire.

Claude Brosseau soutient que les frais de service d’Assurancia seront tenus au minimum. La bannière n’aura pas de siège social ni de centrale informatique. Elle n’aura pas non plus de structure permanente et de ressources humaines, à l’exception du poste occupé par Mme Beaudoin.

L’investissement passera plutôt par l’actionnariat. La bannière travaille à voir si elle devrait implanter différents niveaux d’actionnariat. Toutefois, elle refuse qu’un assureur en soit actionnaire, mais laisse ses membres libres de choisir leur modèle d’affaires avec les assureurs.

Mme Beaudoin affirme que la bannière est bien perçue par les courtiers. « Plusieurs courtiers nous disent qu’Assurancia apporte un vent de fraîcheur sur l’industrie. Leurs réactions sont majoritairement positives et le concept leur plaît beaucoup. C’est donc très positif », dit-elle.