(AT) L’Europe et l’Amérique. Deux continents qui se rejoignent en matière de gestion de fortune… à quelques différences près. Le banquier privé suisse Lombard Odier Darier Hentsch vit des tendances démographiques semblables aux nôtres. Une population d’entrepreneurs et de professionnels âgés ont accumulé des fortunes et pensent maintenant à la retraite et à la succession. Le choix de produit privilégié des Européens : la vie entière liée aux marchés.

Lombard Odier utilise des produits d’assurance différents des nôtres. Les besoins sont les mêmes, a expliqué en entrevue au Journal de l’assurance, Patrice Mégevand, responsable bancassurance et planification financière chez Lombard Odier.

La pratique en Europe (et chez Lombard Odier) en matière d'assurance destinée à la gestion de patrimoine s'axe autour de deux catégorie de produits de vie entière. Chacun s’adapte à sa manière aux besoins de capitalisation du client. Commun aux deux : le dénouement arrive au décès, mais avec la possibilité de racheter le contrat en tout temps. Ce qui diffèr : un produit ou la compagnie d'assurance endosse le risque de rendement et un autre où c'est le client qui l'endosse. Ce sont les produits appelés unit linked.
Dans la première catégorie, les primes payées par le client sont investies directement au bilan des compagnies d'assurance. Celles-ci créditent ensuite au client un taux minimum de rendement garanti.

Dans la deuxième catégorie, le risque de rendement repose sur les épaules de l'assuré. L’assureur ouvrira à la banque un compte pour le client qui désire investir un million d'euros auprès de lui. L'assureur pourra ainsi « ségréguer » les fonds du client. Il en déléguera ensuite la gestion auprès d'un gérant d'actif. Pour sa part, Lombard Odier agit comme dépositaire et gérant d'actif.

Ce genre de produit est modulable et fait sur mesure. Le client peut demander que soit ajoutée une strate de couverture supplémentaire en cas de baisse des marchés, moyennant une prime ajustée selon le coût de ce risque. En cas de décès de la personne assuré, le produit peut prévoir une protection pour un millions d’euros (M€) ou encore 1 M€ plus 1 % de rendement garanti par an, en cas de décès de la personne assurée.

C’est cette catégorie unit-linked qui est la plus populaire, tant chez Lombard Odier qu’en Europe en général. Les actifs sous-jacents de ces contrats peuvent être constitués de titres vifs, de parts de placements collectifs ou les deux, précise M. Mégevand.

La conception du produit doit se montrer sans failles. « Ces produits doivent avant tout répondre à un objectif patrimonial, insiste Patrice Mégevand. Un produit mal adapté aux enjeux patrimoniaux et au cadre réglementaire du pays de résidence du souscripteur ou de ses bénéficiaires peut avoir des effets pervers, notamment au niveau de la fiscalité touchant les prestations versées. Il convient impérativement de s'assurer en amont de sa bonne configuration en faisant valider le schéma de souscription par un conseiller fiscal spécialisé. »

Ces solutions financières sont incontournables en Europe. « Un conseiller en patrimoine qui n'est pas en mesure d'intégrer dans son offre de conseil une telle approche assurantielle aura des difficultés à se distinguer de la concurrence », soutient M. Mégevand.