Le CSIO a entrepris un grand exercice de réflexion, au cours des derniers mois. L’organisme, qui travaille à développer des normes technologiques et des formulaires standards pour simplifier les processus de travail du courtage en assurance de dommages au Canada, en est ressorti transformé. Il se donne maintenant comme mission première d’aider les courtiers à gagner en efficacité.

Le CSIO a consacré l’année 2012 à sa réorganisation et à revoir son image de marque. L’organisme a donc laissé tomber son appellation francophone, CEPA, et veut maintenant être connu sous le nom de CSIO à la grandeur du pays, ne voulant même plus faire référence à son nom complet : Center for Study of Insurance Operations.

« Certains courtiers nous font remarquer que notre appellation francophone envoyait un message négatif, «c’est pas» ou encore «sais pas». C’est pourquoi on a préféré l’abandonner », a indiqué Catherine Smola, présidente du CSIO, en entrevue au Journal de l’assurance.

Mme Smola ajoute que le CSIO a ratissé large dans le cadre de ce processus de réorganisation. « On a aussi revu nos statuts, lors de notre dernière assemblée générale annuelle. On a voulu les rafraichir, mais ils étaient toujours d’actualité. On veut se concentrer sur l’efficacité qu’on peut donner aux courtiers. On commencera d’ailleurs à faire beaucoup de travail en assurance aux entreprises, à la demande des courtiers. Plusieurs de nos membres nous ont fait part que la perte de parts de marché auprès des assureurs directs les préoccupait. Ils veulent donc revamper leurs systèmes et on peut les soutenir là-dedans grâce à nos standards », dit Mme Smola.

La présidente du CSIO ne cache pas que son organisme a encore du travail à faire pour que les courtiers comprennent les bénéfices qu’ils peuvent retirer des travaux qu’il mène. L’organisme veut d’ailleurs étendre sa portée canadienne.

« Auparavant, nos nombreux comités de travail se rencontraient tous à Toronto. Un grand nombre de nos courtiers, assureurs et fournisseurs technologiques qui travaillaient sur ces comités provenaient donc du GTA [Grand Toronto Area]. Maintenant, on tient nos réunions par le Web. On va donc chercher un point de vue plus global ».

Se rapprocher du Québec

En 2012, le CSIO s’est doté d’un plan stratégique qui se terminera en 2014. Le premier mandat que s’est donné l’organisme dans ce plan est d’améliorer l’efficacité des cabinets de courtage. Pour ce faire, l’organisme compte sonder ses membres pour déterminer quelles sont les dix mesures d’efficacité opérationnelle des courtiers en matière de livraison de produits et services d’assurance.

C’est d’ailleurs au Québec que cet exercice débutera, a fait savoir Mme Smola. L’exercice sera mené conjointement avec le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ). « Les détails ne sont pas encore finalisés, nous en sommes encore au point des discussions, mais comme le RCCAQ voulait mener un exercice semblable au nôtre, on trouvait logique de débuter avec eux. Ça nous donne aussi une occasion de travailler avec les associations provinciales », dit-elle.

Le CSIO veut d’ailleurs renforcer sa présence au Québec. À cet effet, plusieurs discussions ont cours avec le RCCAQ, a fait savoir Mme Smola. Les deux organismes ont collaboré pour produire un webinaire sur les règles de protection entourant les courriels. Il est en ligne depuis le 25 mai.

Invité à commenter ces projets, le RCCAQ a préféré ne pas le faire pour le moment.

Implantation de eDoc

Quant à l’implantation de la norme eDoc, les travaux avancent bien du côté des assureurs, dit Mme Smola. Avec eDoc, le courtier peut télécharger ses documents dans son système de gestion de courtage (BMS), qui les envoie directement dans le dossier du client. Les tâches manuelles s’en trouvent ainsi éliminées.

Le CSIO a développé cette norme parce que plusieurs assureurs développaient leur propre solution pour gérer les documents qu’ils produisaient. Les assureurs affichaient ensuite les documents sur leur portail. Les courtiers devaient assigner l’un de leurs employés pour aller signer le document et le télécharger à partir du portail de l’assureur, pour ensuite l’enregistrer dans le dossier du client. La norme eDoc utilise le langage XML, fort répandu en commerce électronique.

Pour la présidente du CSIO, l’implantation du projet eDoc est un bel exemple de ce que l’organisme peut accomplir. « Il y a beaucoup de travail derrière cet accomplissement. Nous avons rencontré tous nos assureurs membres et les fournisseurs technologiques pour les impliquer dans le processus. On voulait aussi que tous s’entendent pour la programmation à faire, pour que le courtier ne se retrouve pas face à des disparités », dit-elle.

Projets futurs

Outre l’implantation de la norme e-Doc, le CSIO travaille sur quelques autres projets, notamment le développement d’une solution pour les signatures électroniques, dont les travaux débuteront en 2013. Le CSIO veut doter le courtage d’une solution pour permettre aux courtiers de faire signer leurs documents par voie électronique, sans que le client ait à le faire physiquement. En plus de simplifier la vie du courtier et, par ricochet, celle du client, cette signature électronique pourra lui servir lors de ses audits.

L’assurance aux entreprises prendra aussi une plus grande place dans les travaux du CSIO. Depuis le début de 2013, le CSIO a réuni à quelques reprises ses comités de travail dédiés à ce segment d’affaires pour développer des formulaires qui y sont propres. Certains ont déjà été développés, notamment les formulaires Proposition d’assurance des entreprises, Proposition d’assurance responsabilité civile des entreprises et Proposition d’assurance de la responsabilité civile complémentaire des entreprises.

Le CSIO veut aussi développer un programme de certification pour l’implantation de ces normes. « On veut s’assurer que les assureurs et les fournisseurs technologiques les implantent correctement. Certains les utilisent, mais pas à leur pleine efficience. Souvent, on voit qu’un communiqué de presse est émis pour dire qu’ils adoptent nos standards, mais l’usage ne suit pas. On considère que c’est une obligation que nous avons envers l’industrie que de s’assurer que le tout soit implanté correctement », dit Mme Smola.

Elle ajoute que les assureurs et fournisseurs technologiques ont bien réagi à cette intention du CSIO de certifier l’implantation de ces normes. « Avec l’implantation du eDoc, on a fait un grand chemin avec les assureurs pour implanter nos normes. On débutera d’ailleurs avec cela. On développera aussi un logo pour démontrer que la certification a été bien faite », dit-elle.

Dernier projet : développer de meilleures pratiques de courtage en lien avec la technologie, notamment en ce qui a trait à l’implantation du eDoc et du Transport layer security (TLS). Ce dernier standard est un protocole qui chiffre les messages et les remet de façon sécurisée, afin d’empêcher l’écoute clandestine et l’usurpation entre les serveurs de messagerie.

« On veut donner des trucs aux courtiers pour qu’ils fassent meilleur usage de la technologie. On va les sonder à cet effet. Pour le moment, ils peuvent se référer à notre liste de vérification (checklist) pour voir s’ils vont de l’avant ou non avec des projets reliés à la technologie ».