Elle sauvera des vies, mais le public s’en méfie. Appelés à se pencher sur les différents risques qu’entrainera la voiture complètement autonome, les spécialistes soulèvent celui de la coexistence avec l’humain.

Premier vice-président et chef de l’exploitation de la distribution directe aux consommateurs d’Intact Corporation financière, Martin Beaulieu croit que la coexistence de différents types de véhicules sur la route entrainera son lot d’inconnus. Comment réagiront les véhicules autonomes à la présence des véhicules conduits par un humain ? Comment le conducteur humain d’un véhicule traditionnel réagira-t-il à la présence d’un véhicule autonome sur la même route ? Comment le véhicule apprendra des comportements du conducteur humain, comment il les gérera et y réagira ? Comment réagira l’humain dans son propre véhicule automatisé ?

La réaction de l’humain envers la voiture complètement autonome inclut aussi celle du public, croit pour sa part Soumaya Cherkaoui, ingénieure et professeure à l’Université de Sherbrooke. Il y a selon elle une méfiance du public envers le fonctionnement des systèmes. Seront-ils fiables et les décisions qu’ils prendront seront-elles les mêmes dans toutes les circonstances ?

« Si jamais il y a un accident, la voiture va-t-elle me sauver ou sauver la personne en face ? Qu’en sera-t-il de la perte d’autonomie et de contrôle sur la conduite, alors que nous voulons tout contrôler ? Ce sera un problème », dit-elle. Selon Mme Cherkaoui, le public se préoccupe de risques à la sécurité, dont le cyber piratage et la protection de la vie privée.