Alors que le Conference Board du Canada vient de publier l’étude Canadian Industrial Outlook: Canada’s Insurance Industry, qui présente les perspectives de l’assurance au Canada pour les années à venir, le Journal de l’assurance a choisi de mettre en avant certaines des données présentées dans ce rapport. 

Notre équipe rédactionnelle a ainsi sélectionné les informations les plus pertinentes, les a associées avec d’autres données réunies en interne, et vous propose aujourd’hui un regard unique sur l’industrie. 

 

État des lieux

 

 

 

Croissance modérée jusqu'en 2021

 

Les perspectives de croissance pour le secteur canadien de l'assurance demeurent relativement modestes selon le Conference Board du Canada. La production devrait augmenter en moyenne de 1,3% par an jusqu'en 2021.

Cette croissance modérée est attribuable à un certain nombre de facteurs macroéconomiques tels que le ralentissement des dépenses de consommation pour les biens assurables majeurs, ou le fait que l’assurance vie doive faire face aux défis liés au vieillissement de la population. De plus, la réglementation continuera de limiter les possibilités d'expansion et de peser sur la croissance globale.

 

Chiffres et enjeux de l'industrie - Infographie

 

Les enjeux pour les prochaines années

 

L’après Fort McMurray

Les incendies de forêt en Alberta ont entraîné une forte hausse des sinistres en assurance de dommages. Le nombre total de demandes s'est élevé à plus de 14 milliards de dollars (G$) au deuxième trimestre de 2016, soit une augmentation de 27 % par rapport à la même période de 2015. Au 2e trimestre de 2016, les assureurs ont enregistré des pertes, pour la deuxième fois seulement au cours des 20 dernières années.

À court terme, le Conference Board du Canada prévoit que les bénéfices se redresseront à des niveaux plus traditionnels, une fois certaines créances évacuées. Toutefois, les taux d'intérêt bas continueront de limiter le rendement des investissements des assureurs, de sorte que les marges oscilleront à un peu moins de 10 % après la reprise, légèrement en deçà des normes historiques.

 
Technologie et tarification

À moyen terme, l'adoption de nouveaux outils technologiques pourrait avoir des répercussions importantes sur l'industrie, avance le Conference Board du Canada. Par exemple, les entreprises seront en mesure d'économiser des coûts de main-d'œuvre pour des tâches comme le traitement des réclamations de risques simples, ce qui réduira la demande en agents d’assurance.

Par conséquent, les créations d'emploi dans l'industrie seront limitées. En outre, les appareils et capteurs, tels que les GPS, offrent des modèles de tarification plus précis. Cela réduira certains obstacles et jouera un rôle dans l’arrivée en force des Insurtech, augmentant la concurrence et défiant les assureurs traditionnels.

En conséquence, le Conference Board du Canada s’attend à ce que les prix augmentent de seulement 1,7 % par an jusqu'en 2021, en deçà des prévisions d'inflation, tout en limitant davantage la rentabilité.

 
Le défi climatique

Bien que le développement de modèles de risque plus sophistiqués puisse aider les assureurs à estimer les coûts de façon plus précise, les catastrophes climatiques représentent encore un risque majeur pour les entreprises, malgré leur rareté. Par exemple, le feu de forêt de Fort McMurray a été la catastrophe naturelle la plus coûteuse de toute l'histoire du Canada, et les demandes d'indemnisation accrues en assurance de biens ont entraîné deux trimestres consécutifs de profits négatifs pour l'industrie.

 
Les réformes réglementaires

En tant qu'industrie hautement réglementée, les assureurs sont confrontés à des réglementations en constante évolution, comme par exemple le niveau de capital requis. Ces changements peuvent souvent entraîner des modifications des taux de primes et des structures de coûts, ce qui remet en question le financement de l'industrie. Par exemple, la Société canadienne d'hypothèques et de logement a récemment annoncé qu'elle augmenterait les primes hypothécaires en réponse à des exigences de fonds propres plus strictes pour les assureurs hypothécaires.